Edito musical

« Ne parlez pas de répression, vous insultez la start-up nation ! »

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Le président et son gouvernement mènent à l’encontre des gilets jaunes une politique de maintien de l’ordre d’une extrême brutalité, avec au moins 2200 blessés et 8700 gardes à vues. Pour tenter d’étouffer la contestation, l’État a également recours à des violences symboliques : dans cet édito musical au vitriol, la Parisienne libérée montre comment, au mépris de la réalité, le chef de l’État prétend proscrire l’usage du mot de « répression ».

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E. Macron (source)
« Ne parlez pas de répression, de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un état de droit ! »

F. Lordon (source)
« Vous avez déclaré, je vous cite : "répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un état de droit". Mais, monsieur Macron, vous êtes irréparable ! Comment dire ? Dans un état de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses, qui sont inacceptables ! »

Ne parlez pas de répression
Vous insultez la start-up nation
Ne parlez pas des violences d’État
Le Président ne supporte pas ça

Ne parlez pas des mains arrachées
Des yeux broyés, des vies brisées,
Des flaques de sang sur les pavés
Ne parlez pas de la réalité

E. Macron (source)
« Moi j’aime pas le terme de répression parce qu’il ne correspond pas à la réalité. »

Ne parlez pas de répression, ne parlez pas !
Répression, répression, répression...

Ne parlez pas des pression préventives
Des interpellations abusives
D’une justice dont la balance flanche
Ne parlez pas des notes blanches

Ne parlez pas des cachots puants
Ni des traitements humiliants
Épargnez vos pensées triviales
À Son Éminence Impériale

Témoignage d’un infirmière / street medic à Nice (source)
« En chaussettes, dans une cellule insalubre, avec du sang, des excréments sur les murs… On a été photographiés, des empreintes, on a été menottés, en blouse blanche ! Pendant dix heures, sans boire, sans manger, sans rien. »

Ne parlez pas de répression, ne parlez pas !
Répression, répression, répression...

Sans le début d’un geste humain
Même quand sa police agenouille des gamins
Mains sur la tête, comme une image
Voilà une classe qui se tient sage...

Ne parlez pas des gaz lacrymogènes
Dans les impasses, les fêtes foraines
Même piégés par l’ardent nuage,
Ne cachez pas votre visage

Ne parlez pas de répression, ne parlez pas !

Colette Magny (source)
« Répression, répression, répression ! »

Interdictions, Arrestations,
Perquisitions, nasses, détentions
Charges sauvages et les tirs tendus
Apparemment ne suffisent plus

Il faut décider qui peut encore dire quoi
Bannir les mots qui ne conviennent pas
Distinguer le vrai du faux
C’est pas de la censure, c’est de la philo :

E. Macron (source)
« Donc, vous me parlez de répression, je vous dis : c’est faux. »

Attention, dernière sommation
Si vous parlez encore de répression
Vous serez d’office et par intention
Complices de la sédition !

Attention aussi à vos clics
Tout s’inscrit dans le panoptique
Ne critiquez pas de façon malséante
Le monarque aux mains sanglantes

A. Alimi
« Donc vous avez, effectivement, un outil, qui se développe et qui vise a contrôler, maîtriser, par l’intimidation, par une politique de peur, des personnes qui pourraient être susceptibles de venir contester un pouvoir. (…) On peut parler de répression, oui. Là, on peut parler de répression. » (source)

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