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La Désobéissante, un roman d’anticipation pour imaginer un autre monde quand on vit dans une société ultra-violente

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2050, Paris est un enfer où la violence se déchaîne, les inégalités sont criantes, l’air est irrespirable. Comment donner la vie dans ce monde apocalyptique ? Enceinte, Bulle part à la recherche de ceux qui construisent des alternatives et imaginent d’autres possibles. Dans son roman La Désobéissante, la journaliste, écrivaine et lectrice de Basta !, Jennifer Murzeau, s’interroge sur la construction d’alternatives dans une société touchée par la surveillance généralisée, l’épuisement des ressources et le rétrécissement de nos imaginaires.

C’est dans un monde apocalyptique que nous plonge Jennifer Murzeau, écrivaine, journaliste et lectrice de Basta !, dans son roman La désobéissante. Un monde où la violence règne et les robots sont omniprésents ; un monde où les humains mangent des pilules, font l’amour avec des machines, sont drogués à leur insu pour éviter les révoltes, et vivent sous des bulles qui leur garantissent un air sans pollution. Un monde de métadonnées où tous les comportements sont analysés et surveillés, les déviants contrôlés et emprisonnés.

Nous sommes en 2050, Paris est un enfer pour ceux qui n’ont pas la chance de vivre dans un de ses ghettos pour riches sous un dôme. Bulle est une jeune journaliste qui écrit ce que la loi des algorithmes lui dicte : des articles en faveur des annonceurs du journal, qui vont dans le sens de l’ordre établi.

Jusqu’à cette nouvelle qui va bouleverser son quotidien. Elle est enceinte. Peut-elle donner la vie dans ce monde ultra-violent ? Existe-t-il des alternatives, d’autres possibles qui lui permettent d’espérer un espace où la vie pourrait s’épanouir ? Dans son questionnement, elle découvre que son compagnon qu’elle toisait jusqu’alors a déjà commencé à imaginer cet autre monde. Et que d’autres n’ont pas renoncé à le construire.

Le pouvoir a réduit à néant toute contestation possible

Avec la Désobéissante, Jennifer Murzeau signe un roman d’anticipation dans un premier temps tragique, avant d’être empli d’espoirs. En se projetant dans le temps, elle accentue les tendances à l’œuvre dans notre société contemporaine : l’épuisement des ressources, l’omniprésence du numérique et de la surveillance généralisée, la privatisation du vivant, le rétrécissement de nos imaginaires. Un véritable enfer, qui, en l’imaginant, pousse le lecteur à se questionner sur les moyens d’éviter cette catastrophe.

Dans la Désobéissante, le changement politique n’est malheureusement plus une option. Le pouvoir a réduit à néant toute contestation possible. Seules demeurent les actions de petits groupes d’individus qui entreprennent de construire, à quelques-uns, leur bulle d’autonomie. Les prémices d’un changement plus global ?

Simon Gouin

- La Désobéissante, Jennifer Murzeau, Robert Laffont, Janvier 2017. Pour en savoir plus, cliquez ici.

- La page Facebook de l’auteure et son compte Twitter.

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