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Droit du travail

Tefal : les syndicats dénoncent des pressions sur l’inspection du travail

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Rumilly, petite commune savoyarde à 20 km au sud-ouest d’Annecy, est connue pour son usine Tefal où 1 800 salariés s’activent quotidiennement pour produire poêles, casseroles et autres ustensiles ménagers. Si l’usine, propriété du groupe Seb, a fait parler d’elle ces derniers jours, ce n’est pas pour la qualité de sa production... mais plutôt pour les relations peu communes que direction et inspection du travail semblent y entretenir. C’est le syndicat CNT (Confédération nationale du travail) des services de l’inspection du travail de Rhône-Alpes qui a révélé l’affaire, relayé par le quotidien l’Humanité : l’entreprise Tefal aurait fait pression sur un directeur départemental du travail pour éloigner une inspectrice du travail un peu trop regardante.

Les faits remontent au 19 avril 2013. L’inspectrice en charge du site est convoquée par son supérieur hiérarchique pour un rappel à l’ordre. Son tort ? Avoir demandé à la direction de Tefal de renégocier l’accord sur la réduction du temps de travail, qu’elle juge illégal, après s’être penchée sur le texte à la demande d’un syndicat. Son supérieur lui demande de revenir sur sa position, prenant soin de lui rappeler qu’elle est en début de carrière... Choquée, l’inspectrice est mise en arrêt, d’abord quelques jours, puis pour une durée plus longue. Un courriel anonyme reçu en octobre relance « l’affaire » : l’informateur affirme – échanges de mails internes à l’entreprise à l’appui – que des pressions ont été exercées sur le directeur départemental du travail pour qu’il « recadre » son inspectrice. La direction l’aurait même rencontré le 18 avril, veille de la convocation l’inspectrice.

« Ce cas illustre le danger que représente la réforme de l’inspection du travail mise en œuvre par le ministère du travail, et qui place la hiérarchie de l’inspection en position centrale pour déterminer l’existence ou non des poursuites envers les entreprises, ainsi que le niveau des sanctions », estime le syndicat CNT de l’inspection du travail de Rhône-Alpes. Avec la CGT, Sud et le SNU (FSU), la CNT a adressé un courrier au ministre du Travail, Michel Sapin, pour « alerter sur la si­tuation critique » de leurs services. Ils dénoncent l’absence de soutien de la hié­rarchie à l’inspectrice et l’attitude du directeur, qui s’est « fait le relais des demandes exprimées par Tefal ». Les quatre organisations syndicales du site de l’usine (CGT, CFDT, FO et CGC) ont elles aussi dénoncé collectivement ces pratiques.

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