Nanotechnologies

L’Europe va-t-elle encadrer les nano-aliments ?

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Les nano-aliments vont-ils envahir les rayons de nos supermarchés ? Pourra-t-on un jour choisir de ne pas consommer de produits qui en contiennent ? Le Parlement européen a la possibilité de freiner le développement des aliments contenant des nanoparticules. Le 7 juillet, les députés européens sont invités à se prononcer, en deuxième lecture, sur le règlement concernant la mise sur le marché des « nouveaux aliments ». Un règlement qui va dans le sens d’un meilleur encadrement des produits issus de clonage ou intégrant des nanoparticules. Ces aliments nécessitent « des méthodes spécifiques d’évaluation des risques » et ne pourront pas être commercialisés sans « évaluation adéquate de l’innocuité ». En clair : sans certitude que ces aliments sont sûrs pour la santé, pas d’autorisation de mise sur le marché.

Le texte proposé au vote rappelle que les méthodes d’expérimentation actuelles « ne permettent pas d’évaluer de façon adéquate les risques liés aux nanomatériaux ». Et demande que des méthodes d’évaluation adaptées soient mise en œuvre « de toute urgence ». Compléments vitaminés, thé, chocolat, vinaigrette... Plusieurs centaines de produits alimentaires contenant des nanoparticules sont actuellement en circulation. Ces nanoparticules, du fait de leur taille, peuvent s’accumuler dans les organes, les tissus et les cellules, avec de possibles effets toxiques. Il existe également un risque de migration des nanoparticules contenues dans les emballages vers les aliments, comme par exemple les nanomatériaux utilisés pour les adhésifs des boîtes de hamburgers Mac Donald’s. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a reconnu en 2009 que l’évaluation des risques des nano-produits pour la « sécurité de l’alimentation humaine » est toujours « sujette à un haut degré d’incertitude ». Face à ces risques, le Parlement préconise (enfin !) la mise en application du principe de précaution, alors que les États membres font preuve d’une grande inertie sur le sujet.

Le 16 juin dernier, le Parlement européen a également adopté une proposition de règlement [1] concernant l’étiquetage des nanoproduits. Elle rend obligatoire leur signalisation par la mention « Nano » dans la liste des ingrédients. L’adoption [2] du règlement sur les nouveaux aliments cette semaine constituerait une nouvelle avancée, dans un domaine où, pour le moment, l’opacité est la règle. À défaut d’études toxicologiques réellement poussées, ces nano-aliments seront au moins soumis à une autorisation spécifique de mise sur le marché, liée à des tests d’innocuité, et à un étiquetage obligatoire.

Ce vote est soumis au processus de codécision. En cas de désaccord entre le Parlement et les États-membres, un compromis devra être négocié entre eux. Entre l’adoption de ce compromis et la mise en application du règlement, les nano-aliments ont encore le temps de se multiplier dans nos assiettes.

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