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Incendie de la tour Grenfell à Londres : deux entreprises françaises impliquées

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Survenu dans la nuit du 13 au 14 juin dernier, l’incendie de la tour Grenfell à Londres a fait au moins 79 victimes. Enquêteurs et journalistes ont rapidement mis en cause la mauvaise qualité des travaux de rénovation réalisés en 2015 et 2016 sur la tour, et l’inadaptation des matériaux d’isolation thermiques utilisés. La recherche du moindre coût et la multiplication des prestataires et des sous-traitants ont aussi rendu possible la catastrophe, selon The Guardian.

« Nous sommes probablement face à des défaillances multiples, estime Ben Bradford, expert en sécurité incendie et directeur du cabinet de consultants BB7. Le travail de résistance aux incendies revient souvent à un sous-traitant, qui ne se rend pas toujours compte du caractère critique des composants qu’il installe dans le système dans son ensemble. » Selon lui, la privatisation partielle du système d’inspection des bâtiments à entraîné une « course au moins-disant » pour réduire les honoraires et limiter le nombre d’inspections de terrain.

L’un des firmes impliquées est l’entreprise française d’ingénierie et de conseil Artelia, engagée par la Kensington and Chelsea Tenant Management Organisation (KCTMO), qui gère la tour Grenfell pour le conseil municipal ainsi que d’autres immeubles. Artelia a été sollicité pour « gérer les coûts » de la rénovation. « La tour Grenfell figurait parmi les études de cas listées sur le site web d’Artelia dans sa section ’cost management’, mais elle a disparu depuis », note The Guardian. En attendant les résultats de la commission d’enquête mise en place suite à la catastrophe, entreprises prestataires et autorités municipales se renvoient la balle. Une enquête du quotidien britannique The Times montre en effet que la KCTMO a elle aussi activement poussé à la recherche du moindre coût.

Les matériaux d’isolation en question

L’un des matériaux utilisés pour l’isolation a été fourni par une autre entreprise française Celotex, une filiale de Saint-Gobain depuis 2012. Selon l’entreprise, cette substance – le polyisocyanurate ou PIR – satisfait les normes anti-incendie les plus strictes si elle est utilisée de manière adéquate. Un avis nuancé par un expert du lobby français du BTP interrogé par Le Monde : « Le PIR est un matériau très performant pour l’isolation thermique, deux fois plus que la laine de roche ou de verre, explique t-il, mais il est inflammable et, lorsqu’il brûle, très toxique, puisqu’il dégage du cyanure d’hydrogène. » La vente du produit a été suspendue en attendant les résultats de l’enquête. L’autre composant du dispositif d’isolation a été fourni par une firme américaine, Arconic, et semble avoir été utilisé de manière inappropriée dans le building.

La catastrophe survenue à Londres pourrait avoir des conséquences néfastes pour les efforts de rénovation et d’isolation des bâtiments entrepris pour économiser l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique, rapporte Bloomberg. Les tests réalisés après le drame de la tour Grenfell ont révélé que la plupart des matériaux utilisés en Grande-Bretagne, choisis parce qu’ils étaient moins chers, n’étaient pas au niveau en termes de sûreté. Déjà, les milieux climato-sceptiques britanniques et certains conservateurs cherchent à utiliser l’incendie de la tour Grenfell comme une preuve des effets pervers de la lutte contre le changement climatique.

Ce qui permet au passage de détourner l’attention de la responsabilité des autorités et de la Première ministre Theresa May, violemment mise en cause par les survivants.

Olivier Petitjean

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