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ça bouge ! Colère sociale

Gilets jaunes, cheminots, collectifs antiracistes ou précaires : les appels à converger vers les Champs-Elysées ce 1er décembre

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Alors que des gilets jaunes appellent à se mobiliser à nouveau sur les Champs-Elysées le 1er décembre, des cheminots ainsi que le Comité Adama invitent à se joindre à eux. Deux autres mobilisations, l’une contre le chômage et la précarité, l’autre "pour exiger égalité et dignité pour tous et toutes" à l’initiative du collectif Rosa Parks, sont également prévues. Retrouvez les différents lieux de rassemblements, dans un contexte où des lycéens veulent poursuivre le blocage des lycées dès le 3 décembre, et tandis que des gilets jaunes suggèrent le blocage des raffineries et stations service à partir du 4 décembre.

Les mobilisations des gilets jaunes se poursuivent. A l’issue de la rencontre de deux membres de la délégation officielle des gilets jaunes avec le ministre de la Transition écologique François de Rugy, le 27 novembre, l’appel à manifester à partir de 14h sur les Champs-Elysées ce samedi 1er décembre est maintenu (voir l’événement facebook).

Les cheminots de Sud Rail : « Le service public disparaît, avec des fermetures de guichets, de lignes et de gares partout en France »

Les cheminots de Sud Rail appellent à « prendre le train de la colère sociale avec les gilets jaunes ». « Le mouvement des gilets jaunes a commencé contre la hausse du prix du carburant, mais aujourd’hui les revendications touchent à la question du coût de la vie, la casse des services publics de proximité, l’augmentation des prix et le gel des salaires. Trop, c’est trop ! Nous, cheminots, sommes aussi concernés ! », souligne l’appel.

« Nos conditions de travail se dégradent, avec des suppressions de postes et des réorganisations. Le service public disparaît, avec des fermetures de guichets, de lignes et de gares partout en France, touchant surtout les milieux éloignés des grandes villes. Nous avons des raisons pour descendre dans la rue et se révolter ! (...) Organisons un énorme cortège cheminot, avec nos gilets orange, pour s’inscrire dans ce mouvement de colère sociale, tout en portant nos propres revendications et nos propres méthodes, celles de la grève et sa généralisation ! », annonce le syndicat de cheminots. Le rendez-vous est fixé au 1er décembre à 10h sur le parvis de la gare St Lazare, avant de rejoindre la manifestation des gilets jaunes à 14h sur les Champs-Elysées (voir l’événement facebook).

Sud Aérien vient également d’appeler à se joindre à la mobilisation sur les Champs-Élysées (voir leur appel).

Le Comité Adama : « Nous aussi, habitant.es des quartiers populaires, nous travaillons le plus souvent dans les secteurs les plus précaires pour des salaires de misère »

Le Comité Adama [1] appelle également manifester samedi 1er décembre aux cotés des gilets jaunes. « Les quartiers populaires sont confrontés aux mêmes problématiques sociales que les territoires ruraux ou périurbains - dits "périphériques" - touchés par la politique ultra libérale de Macron », écrivent-ils. Nous aussi nous habitons des territoires enclavés, même à proximité des grands centres urbains. Nous aussi, habitant.es des quartiers populaires, nous travaillons le plus souvent dans les secteurs les plus précaires pour des salaires de misère. Nous aussi nous devons parfois faire plusieurs heures de voiture pour nous rendre sur nos lieux de travail : dans des usines, dans des entrepôts, dans le nettoyage industriel ou encore dans le secteur de la sécurité. Pour beaucoup parmi nous, c’est aussi le chômage, qui atteint 40% dans certains quartiers.

« À ces inégalités sociales, s’ajoutent le racisme, les humiliations quotidiennes et les violences policières », souligne le Comité. Violences policières auxquelles les gilets jaunes sont aussi confrontés aujourd’hui à leur tour. (...) « Faisons alliance à égalité, avec nos spécificités, contre le régime Macron qui détruit nos vies, et qui nous laisse agoniser chaque fin de mois pour parvenir à nourrir nos familles. Nous appelons tous les habitant.es des quartiers populaires à venir massivement se battre pour leur dignité le samedi 1er décembre. Comme le font les habitants de La Réunion qui nous ont montré la voie. » Le rendez-vous est donné à Saint-Lazare le 1 décembre à 13h30 (voir l’événement facebook).

Les autres manifestations prévues le 1er décembre à Paris

- Une manifestation contre le chômage et la précarité débutera à 14h sur la place de la République en direction de l’Assurance-chômage. Le 1er décembre est une date traditionnelle de mobilisation pour la défense des droits des chômeuses et chômeurs, en particulier pour une indemnisation qui ne soit pas au dessous du seuil de pauvreté quelles que soient les formes de chômage, rappelle le syndicat Solidaires. Retrouvez notamment l’appel de la CGT Paris, du Mouvement national des chômeurs et précaires et d’Agir contre le chômage.

- Une manifestation « Justice, dignité ou rien ! » est prévue à partir de 14h, Place de la Nation, avant de se diriger vers la place de la République. Le collectif Rosa Parks, à l’initiative de cette manifestation, commence son appel en ces termes : « Le 1er décembre 1955, une femme, noire, couturière, refuse d’aller s’asseoir à la place située à l’arrière du bus qui lui est assignée. Ce jour-là, Rosa Parks, est restée assise devant, pour que nous puissions vivre debout avec dignité ». « Partout en Occident, nous sommes pour beaucoup d’entre nous, relégués, ségrégués dans des espaces qui sont les moins bien dotés par le droit commun. En privatisant les services publics, ils cassent le meilleur outil de redistribution sociale, fragilisant davantage nos vies et particulièrement celles des femmes de familles monoparentales vivant dans nos quartiers. En perdant l’accès aux services publics, nous perdons le droit aux services publics », souligne l’appel. « Le 30 novembre 2018, contre le racisme et les inégalités sociales, on disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles, des réseaux sociaux, des lieux de consommation. Et le 1er décembre, on réapparaît sur toutes les grandes places des villes, pour exiger Egalité et Dignité pour tous et toutes. »

Et après le 1er décembre ?

A partir du mardi 4 décembre, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, Eric Drouet, appelle à bloquer les raffineries et stations-service.

Les lycéens, à l’appel de l’UNL, tentent aussi de mobiliser. Des établissements ont été bloqués ce 30 novembre dans plusieurs villes de France, dont Rennes, Poitiers, Orléans ou Marseille. L’indignation face aux récentes réformes, comme Parcoursup ou l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers, est toujours présente. L’UNL appelle à reconduire le mouvement dès lundi.

Le 29 novembre au soir, le député Insoumis François Ruffin et l’économiste Frédéric Lordon avaient donné rendez-vous place de la République à Paris pour essayer d’élargir encore le socle du bloc contestataire. Un millier de personnes ont répondu à leur appel, là même où il y a deux ans, débutait le mouvement Nuit Debout. « Malgré des dissensions, des interruptions, parfois des tensions, très vite résolues, tous ont donc appeler à converger, samedi, à 13h, de la gare Saint-Lazare aux Champs-Elysées. Et l’assemblée générale a appelé, pour une période indéterminée, à envahir les parterres des ministères lors d’apéros-occupations », rapporte le site d’informations Regards. A suivre.

Photo de Une : © Serge d’Ignazio

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