Climato-sceptique

Gaz de schiste : un débat biaisé par l’Académie des sciences ?

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L’Académie des sciences va remettre les clefs du débat sur les gaz de schiste à un... climato-sceptique. Ce 26 février, elle organise une conférence-débat intitulée « Les gaz de schiste », dont la préparation et l’animation ont notamment été confiées à Vincent Courtillot. Ce géophysicien, proche de Claude Allègre, est un des plus fameux climato-sceptiques français. Alors que le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) a établi que le réchauffement climatique planétaire actuellement observé est imputable à l’augmentation de la teneur de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, Vincent Courtillot considère encore, rapporte l’AFP, que c’est une « thèse stupide ».

Cette conférence fait suite au rapport publié en janvier par l’Académie des Sciences, qui défendait une exploration et exploitation rapides des gaz et pétrole de schiste sur le territoire français. Et cela en dépit de la loi de juillet 2011 interdisant l’utilisation de la fracturation hydraulique, la seule technique permettant à ce jour d’exploiter ces hydrocarbures non conventionnels. Ce rapport affirme que « les conséquences potentielles économiques positives sont trop importantes […] pour négliger cette nouvelle ressource », tout en critiquant « que des décisions aient été prises hâtivement ». A l’inverse, les recommandations du dernier rapport de l’Agence Internationale de l’Energie de décembre 2012 préconisent de ne pas consommer d’ici 2050 « plus d’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles », afin de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global maximal d’ici la fin du siècle.

Parmi les intervenants de la conférence sont attendus un porte-parole de Total, ainsi que l’un des rédacteurs du rapport qui a justifié la poursuite de l’exploitation des gaz de schiste sur le sol britannique. Aucun climatologue ne figure en revanche dans le programme. Deux récentes études américaines démontrent pourtant que les rejets de méthane au cours de l’exploitation des gaz et pétrole de schiste seraient pires que ceux du charbon, sur le plan du climat (lire notre article). L’Agence Environnementale Américaine vient d’ailleurs de reconnaître avoir besoin d’étudier de plus près ces rejets de méthane pour prendre des décisions en toute connaissance de cause. L’Académie des sciences, qui réunit des chercheurs éminents chargés de « promouvoir la recherche scientifique », saura-t-elle à son tour faire du climat une de ses préoccupations majeures ?

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