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François Lenglet atteint par le virus Syriza

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David Pujadas déambule devant « le Parthénon et ses fameuses colonnes qui dominent Athènes ». Surprise : au lendemain de la victoire de Syriza, « les touristes continuent à s’y promener comme si c’était un jour ordinaire ». Quels inconscients ! Imagine-t-on des touristes visiter le Palais d’hiver de Saint-Pétersbourg le 26 octobre 1917 ?

Quelques minutes plus tôt, l’envoyé spécial de M6 sur le front grec décrivait un véritable putsch. « Si l’on s’en tient aux chiffres, 36 % c’est un très beau score mais cela fait un peu plus d’un tiers des votants. » Sans déconner ? « Si on prend en considération l’abstention, qui est également de 36 %, c’est un électeur grec sur quatre qui a mis son bulletin Syriza dans l’urne. » Le parti d’Alexis Tsipras, ultra-minoritaire, va donc gouverner contre la volonté des trois quarts du peuple grec. On appelle ça une dictature. Et ce n’est pas tout. « Dans la galaxie hors Syriza, il y a également les sceptiques, ceux qui n’ont pas de gros préjugés par rapport à la gauche radicale mais qui ne voient pas comment on va pouvoir résoudre les problèmes à coups de baguette magique. » Ils n’ont pas de préjugés mais regrettent d’être gouvernés par un illusionniste – on les comprend.

En plateau, Xavier de Moulins prévient que « la classe politique française a réagi. Nicolas Sarkozy appelle les nouvelles autorités à “faire preuve de responsabilité” » – c’est un spécialiste qui parle. « Le fondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont salué de leur côté une victoire contre la politique libérale d’austérité », poursuit le présentateur sans faire de différence entre les deux. « L’un des premiers chantiers d’Alexis Tsipras, annonce-t-il, c’est la dette de son pays, soit 320 milliards d’euros. » « 320 milliards, 175 % de son PIB : des chiffres impressionnants, estime une journaliste. Effacer la dette de la Grèce serait un profond séisme. » Voire un terrible tsunami. « La France a prêté plus de 40 milliards, concrètement cela représente 615 euros par habitant. » Ah, désolé, je ne les ai pas sur moi...

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