Santé et travail

Environ 400 milliards d’euros : le faramineux coût des cancers professionnels en Europe !

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Une étude, publiée ce 14 novembre, estime le coût des cancers professionnels en Europe. « La facture est très lourde : entre 270 et 610 milliards d’euros chaque année, ce qui représente de 1,8 % à 4,1 % du produit intérieur brut de l’Union européenne », pointe l’Institut syndical européen qui a commandité l’étude auprès de deux cabinets spécialisés en évaluation des risques chimiques, Risk & Policy Analysts et FoBIG.

Chaque année, environ 190 000 cancers déclarés en Europe sont liés au travail. L’étude a pris en compte 25 agents cancérogènes et situation de travail auxquels sont exposés les travailleurs européens, à la source de ces cancers : les vapeurs diesel, les poussières de bois (cancer du larynx), diverses molécules pétrochimiques comme les huiles minérales utilisées dans l’industrie automobile ou la fabrication d’emballages alimentaires, l’arsenic ou les dioxines longtemps présents dans les pesticides, le travail posté de nuit, qui favorise le cancer du sein chez les femmes, ou encore l’exposition aux fumées de tabac.

Les coût directs sont liés au traitement médical du cancer – hospitalisation, chimiothérapie, soins palliatifs... – et aux sommes directement dépensées par le malade et ses proches. Les coûts indirects prennent en compte la perte de productivité liée aux arrêts longues maladies, la nécessité pour l’employeur de remplacer l’employé absent, ou les pertes de cotisations sociales dues à une mort prématurée. Le traitement médical d’un cancer du poumon – le plus répandu – coûte ainsi en moyenne 13 200 euros par an, un cancer de l’intestin 7600 euros. Ces traitements peuvent durer plusieurs années, en fonction des chances de rémission de la maladie ou, au contraire, de la probabilité de décès du malade (une victime de cancer sur deux meurt avant cinq ans, une fois le cancer diagnostiqué). Résultat : entre 250 et 570 milliards d’euros auxquels l’étude ajoute le « coût » humain, plus difficile à quantifier financièrement : la réduction de la qualité de vie des personnes touchées, la souffrance et l’anxiété liées à la maladie…

Autant de cancers évitables

Les deux cabinets spécialisés ont également calculé la population de travailleurs exposés à l’un ou plusieurs de ces agents cancérogènes, dont une part est susceptible de déclarer un cancer dans les années à venir. Ainsi, entre 15 et 28 millions de travailleurs européens ont été exposés aux vapeurs diesel de 1966 à 2005 (entre 1,5 et 3,7 millions en France). L’étude estime que 6,7 % d’entre-eux déclareront un cancer du poumon ou de la vessie (les types de cancers liés aux vapeurs diesel) dans les années à venir, ce qui représente, rien qu’en France, entre 100 000 et 250 000 personnes. Autant de cancers évitables si les travailleurs exposés étaient mieux protégés.

« Avec plus de 100 000 morts par an, les cancers professionnels sont la première cause de mortalité au travail dans l’UE. Cette étude démontre que le coût sociétal des cancers liés au travail est faramineux. Ce sont les travailleurs et leur famille qui en assument la part la plus importante. Cette situation constitue une injustice inacceptable, tant sur le plan social qu’économique et l’UE se doit d’agir pour mettre fin à ces cancers évitables », dénonce l’Institut syndical européen.

Pour télécharger l’étude (en anglais) The Cost of Occupational Cancer
in the EU-28
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