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Entretien avec Sylvain Crépon : Hénin-Beaumont, laboratoire du nouveau lepénisme

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À Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a conquis un électorat populaire traditionnellement ancré à gauche. L’enquête de Sylvain Crépon donne à voir un monde précarisé, issu d’un milieu ouvrier atomisé, qui se sent trahi par des partis censés le défendre. (Entretien réalisé en novembre 2013)

Dans votre dernier livre, Enquête au cœur du nouveau Front national, vous analysez l’implantation du FN à Hénin-Beaumont, en plein cœur de l’ancien bassin minier. Comment expliquer le succès du FN dans une ville traditionnellement marquée à gauche ?

Trois facteurs au moins permettent d’expliquer ce succès. Le premier tient au maillage militant très efficace, ouvertement inspiré du communisme municipal, que Steeve Briois a su mettre en place. Avec un tel succès que Marine Le Pen l’a nommé au secrétariat général du FN afin qu’il « applique dans les autres fédérations ce qu’il a mis en place à Hénin ». L’installation de M. Le Pen sur ces terres, à partir des élections législatives de 2007, a eu un rôle indéniable de catalyseur.

En deuxième lieu, la fermeture des mines ne s’est accompagnée d’aucune véritable reconversion économique. Le capitalisme local était jadis incarné par la figure du patron des mines sur lequel se cristallisaient les luttes sociales. De quoi générer une identité de classe fédératrice. L’industrie des services qui lui a fait suite avec son lot d’emplois précaires, de temps partiels subis et ses directions souvent situées à l’autre bout de la planète ne génère plus qu’une conscience ouvrière éclatée. Le FN, qui propose une solidarité non plus sociale mais essentiellement ethnique et qui n’a de cesse, avec M. Le Pen, de dénoncer les désastres de la mondialisation et de l’Europe de Bruxelles, trouve écho auprès de ces ouvriers laissés sur le carreau.

Troisième facteur enfin, dans ce contexte de déréliction sociale et politique, certaines municipalités ont développé une attitude clientéliste. Plusieurs affaires ont éclaté, discréditant les instances politiques de la région, légitimant par contrecoup le discours populiste du FN. 


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