Après le photovoltaïque

Bientôt un moratoire sur l’énergie éolienne ?

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Nouveau coup dur pour les énergies renouvelables. Après le moratoire imposé par le gouvernement sur la filière photovoltaïque, on pourrait assister dans les prochaines semaines à la suspension de nombreux projets de parcs éoliens. En cause : l’annulation de l’arrêté fixant le tarif de rachat de l’électricité éolienne. Celle-ci pourrait être prononcée très prochainement par le Conseil d’État, à la demande d’un collectif parti en croisade contre les éoliennes.

« Toute la communauté anti-éolienne a salué l’action de Vent de colère et savoure la perspective de ce qui équivaudrait à un mini-moratoire », peut-on lire sur le site d’une association ardéchoise opposée à l’implantation d’un parc éolien.
Vent de colère, fédération anti-éolienne notoire, a déposé un recours auprès du Conseil d’État, demandant l’annulation de l’arrêté de 2008 fixant le tarif de rachat de l’électricité d’origine éolienne en France. Motif ? Vice de procédure, selon l’association : ce tarif de rachat n’a pas été signalé à la Commission européenne. Ce qui irait à l’encontre de la libre concurrence.

Le Conseil d’État délibère en ce moment, « pour une durée indéterminée ». Mais le rapporteur public, sommé de donner un avis sur la question, s’est déjà prononcé pour l’annulation. Si le Conseil d’État lui donne raison, le développement de la filière pourrait bien être mis entre parenthèses pour plusieurs mois. La constitution d’un dossier de tarif de rachat étant plutôt longue – environ six mois –, ce que n’ignorent sans doute pas les militants de Vent de colère.

Mille emplois menacés

Au Syndicat des énergies renouvelables (SER), l’inquiétude règne. Incertitudes et manque de visibilité sont en effet peu favorables à l’investissement. Les emplois industriels et de chantier sont déjà « bloqués ou menacés à très court terme », a souligné le président Jean-Louis Bal, jeudi 25 avril. Selon lui, mille emplois seraient directement remis en cause.

Sans attendre le résultat des délibérations du Conseil d’État, les banques ont arrêté de financer les nouveaux projets. « Même pour ceux qui ont déjà fait l’objet d’un accord, les droits de tirage sur les crédits sont arrêtés et donc les chantiers sont bloqués », précise Jean-Louis Bal. Le projet de parc éolien coopératif du pays de Vilaine, dans le sud de la Bretagne, est ainsi suspendu. Comme beaucoup d’autres à travers la France.

Cette éventuelle suspension de la filière risque d’aggraver encore le retard de la France sur ses objectifs du Grenelle de l’environnement : un peu plus de 6 500 mégawatts (MW), uniquement sur terre, installés pour le moment, pour 19 000 MW prévus d’ici à 2020. La mise en place d’un parc éolien demande huit années en France – contre quatre en moyenne dans l’Union européenne. Des délais qui risquent de s’allonger encore un peu plus.

Nolwenn Weiler

Photo : CC drewgeraets

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