Crise climatique

Ces multinationales qui continuent à exploiter massivement le charbon australien, malgré les incendies

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Avec les incendies qui ravagent le territoire australien depuis des mois, l’industrie du charbon y est de plus en plus contestée, par sa contribution importante au réchauffement climatique. Des multinationales de plusieurs pays y sont pourtant encore actives.

L’Australie connaît depuis plusieurs mois des méga-feux qui ont dévasté des millions d’hectares, tué au moins un demi-million d’animaux, au moins 25 personnes, et obligé des milliers d’habitants à fuir, parfois avec pour seule issue la mer. Malgré l’ampleur des ravages, le Premier ministre conservateur, Scott Morrison, continue d’affirmer que cette nouvelle vague d’incendie n’a aucun lien avec la crise climatique global.

Scott Morrison a le lobby du charbon derrière lui. « La ré-élection du gouvernement de Morrison est saluée par l’industrie australienne du charbon. Son gouvernement a été un soutien consistant du secteur et a reconnu sa contribution économique précieuse comme employeur important, comme pourvoyeur de recettes fiscales et d’exportations », écrivait le conseil australien du charbon, un lobby du secteur, en mai 2019 après la victoire de Scott Morrison aux élections [1]. Ce lobby pro-charbon est récent. L’autre gros lobby de l’industrie minière locale est le Conseil des minerais d’Australie, dont sont membres des multinationales minières parmi les plus puissantes du monde.

En 2018, 60 % de l’électricité produite en Australie provient encore du charbon brûlé dans les centrales thermique [2]. La plus grande partie – les deux tiers – des ressources énergétiques extraites du sous-sol australien (charbon, gaz liquéfié, pétrole, uranium) est exportée. En 2018, la seule exportation du très polluant charbon a ainsi rapporté 60 milliards de dollars aux entreprises qui l’extraient [3]. Qui l’achète ? Le Japon, la Chine, la Corée, Taïwan, mais aussi les Philippines, le Vietnam et la Thaïlande.

Des firmes suisse, indienne, états-uniennes exploitent le charbon australien

De grandes multinationales minières y sont à la manœuvre : BHP (Australie), Anglo American (Royaume-Uni), Rio Tinto (Royaume-Uni), Alcoa (Etats-Unis), y exploitent le charbon, tout comme la suisse Glencore [4]. Plus récemment, c’est l’entreprise indienne Adani qui a commencé à creuser une nouvelle mine géante de charbon, Carmichael, dans l’État du Queensland, l’une des régions particulièrement touchées par les incendies actuels.

Ce projet minier suscite, depuis le début de l’année, une vague de protestation à l’autre bout de la planète, en Allemagne. Les jeunes militants climatiques de Fridays for Future y protestent contre la participation de la firme allemande Siemens au projet. L’entreprise allemande a répondu qu’elle ne renoncerait pas à ce marché, alors qu’au même moment l’État fédéral allemand, les régions et les entreprises charbonnières viennent de tomber d’accord sur les modalités d’une sortie du charbon, dont la production d’électricité du pays reste encore très dépendante.

Côté français, des grandes entreprises ont-elles encore des intérêts dans les industries polluantes australienne, à l’heure où une partie de sa faune et de sa flore est partie en fumée ? L’entreprise Engie (ex GDF-Suez) exploitait la centrale à charbon d’Hazelwood, dans l’État de Victoria, mais elle l’a fermée en 2017. Cette centrale figurait parmi les plus polluantes au monde [5]. Puis, Engie a vendu une autre centrale à charbon à un groupe hongkongais [6]. La Société Générale avait de son côté renoncé en 2014 à sa participation au grand projet charbonnier Alpha Coal, suite à une grande campagne de mobilisation. L’entreprise Total, elle, est toujours impliquée dans le projet australien de gaz liquéfié de Gladstone, qui met en danger la grande barrière de corail [7].

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