Lutte écologiste

Assassinés à cause d’un gazoduc ?

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Près de vingt-cinq ans après l’assassinat du syndicaliste Chico Mendes, l’histoire semble se répéter au Brésil, inlassablement. Almir Nogueira de Amorim et João Luiz Telles Penetra étaient tous deux impliqués dans l’Association des hommes et femmes de la mer [1] (Ahomar). « Étaient » car, le 25 juin, le corps de João a été retrouvé sur les berges de la baie de Guanabara, à Rio, avec les mains et les pieds liés par une corde. La veille, vers midi, le corps d’Almir avait été retrouvé ligoté à son bateau.

L’association Ahomar défend les droits des pêcheurs travaillant dans la baie de Rio. En particulier ceux affectés par la construction d’un nouveau gazoduc par Petrobrás. La compagnie pétrolière brésilienne prévoit d’aménager une rivière, située dans une zone environnementale protégée, dite de « Guapimirim », pour la transformer en voie d’eau navigable, assortie d’un gazoduc. Un projet qui écarte toute possibilité de pêche dans ces eaux. João Luiz Telles Penetra était à la tête de la contestation locale.

Pour l’association Ahomar, il ne fait aucun doute que les deux assassinats sont liés. Ses membres pointent du doigt les escadrons de la mort (souvent d’anciens policiers), très actifs dans la zone nord de Rio, ou des gardes employés par les entreprises chargées de la construction du pipeline. S’appuyant sur le témoignage d’un membre de la famille de João, le site d’information Globo évoque un conflit entre pêcheurs se disputant des zones de pêche [2], sans faire de liens entre les deux assassinats ni avec l’engagement des victimes contre le projet de gazoduc.

Almir Nogueira de Amorim et João Luiz Telles Penetra ne sont pas les premiers membres d’Ahomar assassinés. Mais aucun des meurtres n’a jusque-là été élucidé. Selon l’organisation Front Line Defenders, une fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits humains, « ces meurtres ont un lien direct avec leur action en faveur des droits des pêcheurs de Rio de Janeiro ». Plusieurs organisations brésiliennes et latino-américaines ont publié un manifeste de protestation [3] rappelant les menaces et violences auxquelles sont régulièrement confrontés les pêcheurs de la baie depuis qu’ils s’opposent au projet. Ce manifeste appelle à ce que des enquêtes sérieuses soient menées et demande des mesures de protection pour tous les militants au sein de l’État de Rio.

Basta ! a publié le 21 juin un reportage dans la baie de Sepetiba, près de Rio de Janeiro, où le complexe sidérurgique TKCSA, propriété de l’entreprise allemande ThyssenKrupp, s’est installé. L’entreprise est accusée de détruire les écosystèmes locaux qui assurent la subsistance de milliers de familles de pêcheurs. Certains opposants ont affirmé avoir reçu des menaces de mort et bénéficier d’un programme de protection du gouvernement fédéral brésilien.

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