Corruption ?

Areva va-t-elle offrir un avion au Président nigérien ?

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21,3 millions d’euros (14 milliards de francs CFA). La somme figurerait au budget du Niger et aurait été débloquée par Areva, leader mondial de l’énergie nucléaire, en tant qu’« aide budgétaire sans conditions et non ciblée », selon l’opposition. De quoi faire jaser. D’autant que les trois quarts de cette somme devraient servir à financer l’achat d’un nouvel avion présidentiel à Mahamadou Issoufou, le chef d’Etat nigérien, connu pour son goût prononcé pour les déplacements présidentiels. « C’est tout de même un peu gros. Mais si c’était avéré, il s’agirait d’une manœuvre de corruption, face à la menace de pertes d’intérêts qui pèse sur l’entreprise pour l’exploitation de sa mine d’Imouraren », commente Moustapha Kami, président du Collectif des organisations pour la défense du droit à l’énergie (Coddae), l’un des principaux acteurs de la société civile nigérienne.

« Corruption », le mot a également été lâché en France par Stéphane Lhomme, président de l’Observatoire du nucléaire, dans une lettre adressée à Pascal Canfin, ministre du Développement : « Il s’agit donc clairement d’une manœuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger, pour continuer à alimenter les centrales nucléaires françaises », écrit-il. Ce 18 décembre, Areva a envoyé une mise en demeure à l’Observatoire du nucléaire pour le contraindre à retirer ce communiqué sous 24 heures. Areva a également démenti l’existence de ce versement au budget nigérien. De son côté, l’animateur de l’observatoire attend l’avis du ministre du Développement, membre d’Europe Ecologie les Verts, avant d’obtempérer.

Areva exploite plusieurs mines d’uranium au Niger et emploie 2 600 personnes. Elle envisage d’ouvrir à Imouraren « la plus importante mine d’uranium à ciel ouvert d’Afrique ». Son exploitation a été repoussée à 2014, un retard critiqué par le président nigérien, dont le pays dépend à 70% des exportations d’uranium. L’Observatoire du nucléaire a aussi souligné que la menace d’Areva intervient le jour de l’annonce du retrait de l’ONG Sherpa du partenariat conclu en 2009 avec le leader de l’énergie nucléaire. Ce partenariat portait sur la mise en place d’Observatoires de santé pour les populations et les travailleurs de ses mines d’uranium situées au Gabon et au Nord-Niger. Sherpa regrette qu’Areva ait « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage ».

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