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Mouvement social

Annick Coupé : « Personne ne donne de perspectives »

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Malgré le succès de la mobilisation, la réunion intersyndicale du 20 mars a débouché sur… pas grand chose. Une prochaine mobilisation s’esquisse pour le 1er mai. D’ici là, il est urgent d’attendre, semblent penser les états-majors des huit acteurs syndicaux (CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires). L’heure n’est pas encore à la grève générale, même si certains la préparent. Entretien avec Annick Coupé, porte-parole de Solidaires (Sud).

© Eric Garault

L’indifférence gouvernementale, la « fin de non recevoir », vous a-t-elle surprise ?

Personne ne pensait que Fillon annoncerait des choses sérieuses.

Qu’a décidé l’intersyndicale du 20 mars ?

La déclaration commune n’acte pas de nouveaux rendez-vous interprofessionnels. Il y a la volonté de continuer dans l’unité. Le bilan de la journée d’action est jugé très positif. Mais nous avons été incapables de décider une perspective. La FSU et nous étions sur l’idée d’une nouvelle initiative d’ici avril. Mais les représentants de FO nous ont répondu qu’ils n’étaient mandatés sur rien, la CFTC non plus. La CFDT propose le 1er mai sans exclure quelque chose en avril. Quant à la CGT, elle reste floue pour l’instant. La réunion a duré quatre heures pour pas grand chose à la sortie. Nous nous revoyons le 30 mars.

Quels sont les échos du terrain ?

Les gens que j’ai eus au téléphone ne comprennent pas. Il y a une grosse déception.

Propositions et revendications font-elles consensus parmi les huit ?

Chacun se réfère à la plate-forme de revendications du 5 janvier : un plan de relance axé sur l’emploi, des mesures pour faire face au chômage partiel et en faveur des salaires, le maintien des emplois publics ou la suppression du bouclier fiscal… Dans la perspective de la mobilisation autour du G20, le 28 mars, il faut ajouter des mesures de régulation financière. Ce n’est pas la plate-forme qui pose problème, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour construire le rapport de force.

Qu’envisage Solidaires ?

Nous allons voir ce qu’il est possible de faire dans des entreprises particulièrement concernées par des suppressions d’emplois, et dans des secteurs très mobilisés comme l’Éducation. Et contribuer à créer localement des cadres intersyndicaux avec des militants qui se posent les mêmes questions. La situation actuelle n’est pas bonne. Cela va dépendre de ce qui va remonter du terrain, y compris du côté de la CGT.

Y a-t-il un maillon faible dans l’unité syndicale ?

Personne ne veut rompre le cadre unitaire. Le premier qui le ferait serait perdant. Mais personne ne donne de perspectives.

Les syndicats ont-ils peur, finalement, de jouer le rôle de la seule opposition un peu construite dans ce pays ?

Certains, comme la CGC, craignent une récupération politique, et s’inquiètent de voir le PS ou Besancenot soutenir les manifestations. Mais moins nous proposerons des perspectives, plus cela laissera le terrain à d’autres pour s’emparer des questions sociales. Ceux qui ont le plus peur de la récupération politique sont aussi ceux qui freinent le plus.

Recueilli par Ivan du Roy

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