Salariés agricoles

10 ans pour faire reconnaître son cancer professionnel

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Il aura fallu 10 ans à Jean-Marie Bony pour obtenir la reconnaissance en maladie professionnelle de son cancer du sang. Salarié agricole d’une coopérative entre 1969 et 2002, il a manipulé de très nombreux pesticides. Le « lymphome malin non hodgkinien » (LNH) que les médecins lui détectent en 2002 est immédiatement relié à cette exposition prolongée aux produits chimiques. Il s’adresse alors à la mutualité sociale agricole (MSA, équivalent de la sécurité sociale pour les travailleurs du secteur agricole), et fait, à plusieurs reprises, des demandes de reconnaissance en maladie professionnelle sur la base de certificats médicaux établis par des cancérologues. Le premier refus qu’il essuie est motivé par le fait sa maladie ne figure pas au tableau des maladies professionnelles des salariés agricoles.

Les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles consultés [1] sur le cas de Jean-Marie Bony rendent tous des avis défavorables. Arguant du manque de lien direct et essentiel entre la maladie et l’activité professionnelle passée du salarié. Lequel ne se décourage pas, contestant à chaque fois les décisions rendues, avec à l’appui de nombreuses études scientifiques relatant les liens entre LNH et exposition aux pesticides. Sa stratégie a finalement payé. Le 11 avril dernier, le tribunal des affaires sociales du Vaucluse, passant outre les avis précédents, a finalement reconnu formellement que le LNH du salarié agricole était la conséquence de son exposition professionnelle aux pesticides. La MSA, qui n’a pas fait appel, doit en conséquence prendre en charge sa maladie. Une victoire qui encouragera peut-être les nombreux travailleurs agricoles victimes de pesticides à engager des démarches de reconnaissance en maladies professionnelles.

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