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Bretagne

Energies marines : la France tente de rattraper son retard

Par Raphaël Baldos (16 février 2010)

Les énergies marines – éoliennes flottantes ou hydroliennes – commencent tout juste à se développer en France. Quatre sites expérimentaux ont été sélectionnés au large de la Bretagne. Une première après quarante ans d’apathie. D’autres pays européens, comme le Portugal ou le Royaume-Uni, bénéficient déjà d’électricité produite en mer.

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Après avoir longtemps regardé le Royaume-Uni, l’Irlande et même le Portugal surfer sur la vague des énergies marines, la Bretagne se jette enfin à l’eau. Le 26 janvier, quatre zones pressenties pour l’installation d’éoliennes offshore ont été dévoilées par le préfet de région et le président du Conseil régional : elles se situent au large de Lorient, de Lannion, de Saint-Brieuc et de Saint-Malo. Objectif : installer une partie des 6000 MW prévus par le Grenelle de la mer pour 2020, avec près de 500 machines sur 320km². Cette « planification stratégique », une fois déposée sur le bureau de Jean-Louis Borloo fin février, servira de base à un premier appel à projet national pour 2000 MW d’ici la fin 2010. A titre de comparaison, les deux réacteurs nucléaires (EPR) en construction à Flamanville, produiront 2600 MW pour un coût d’au moins 4 milliards d’euros.

Reste que cet objectif chiffré fait doucement rigoler les acteurs du secteur comparé à l’état des réalisations : le projet le plus avancé, celui d’Enertrag à Veulettes-sur-Mer, au large des côtes normandes, n’offrira qu’une capacité de 105 MW avec 21 turbines offshore, d’ici 2012. La préfecture et le conseil régional ont d’ailleurs pris soin de préciser, lors de leur conférence de presse, que « cette planification n’a pas pour objectif de définir des zones où des projets se feront, mais bien des zones où des projets pourront raisonnablement être étudiés. En ce sens, cette planification est le début d’un processus, non son aboutissement. »

Des éoliennes flottantes…

Cela n’a pas empêché le Premier ministre François Fillon d’annoncer, le 2 décembre, l’ouverture prochaine, à Brest, d’ « une grande plate-forme technologique sur les énergies marines, associant tous les acteurs du secteur public et du secteur privé », sous la houlette de l’Ifremer. DCNS (résultat de la fusion entre la Direction des constructions navales et une filiale de Thales) y a déjà ouvert, fin janvier, un incubateur, avec 20 salariés. « Nous pensons que ces énergies offrent le même potentiel que les éoliennes terrestres il y a dix ans. Notre ambition, à moyen terme, est de capter du chiffre d’affaires dans ce secteur », explique son porte-parole, Emmanuel Gaudez. DCNS est d’ailleurs partenaire de plusieurs projets bretons. A commencer par celui du consortium Winflo, visant à installer au large des éoliennes flottantes d’ici 2011. Un projet moins mature que celui de l’équipementier néerlandais Blue H, qui va tester dès cette année un prototype de 2,4 MW dans l’Adriatique, en vue de mettre à l’eau un démonstrateur industriel de 3,5 MW en Bretagne d’ici 2011. « Avec des vents de haute mer plus forts et plus réguliers, notre machine offrir un rendement de 40%, contre 25% pour une éolienne terrestre », explique François Huber, directeur de Blue H France. Winflo et Blue H sauront en mars s’ils sont retenus par l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par l’Ademe pour financer les premières machines industrielles via le fonds « Démonstrateurs Energies Renouvelables ».

… Aux hydroliennes sous-marines

Les hydroliennes MegaWatForce (Guinard Energies) et Sabella (Veolia Environnement), des machines sous-marines à hélices fonctionnant grâce à l’énergie des courants, espèrent aussi être sélectionnés par l’AMI. Sabella est de loin la plus aboutie. Un pilote a déjà été testé, pendant un an, au large de Bénodet (29). « La simplicité de notre technologie réduit le coût d’installation du premier MW à 7 millions d’euros, contre 10 à 14 millions pour certains concurrents », assure Jean-François Daviau, PDG de Sabella. EDF, qui n’a rien fait depuis la mise en service de l’usine marémotrice de la Rance en 1966, a annoncé l’installation au large de Paimpol de quatre hydroliennes Open Hydro de 2 MW. L’électricien dit avoir obtenu la quasi totalité des autorisations de l’Etat pour les immerger. Première mise à l’eau ? Début 2011. EDF souhaite faire de ce site un centre d’essai national : d’autres technologies pourraient profiter du câble sous-marin raccordé au réseau pour distribuer leur propre électricité.

L’intérêt pour les énergies marines se traduit aussi par la création du premier Mastère « énergies marines renouvelables » à la rentrée scolaire 2010. Ce diplôme, créée par l’ENSIETA (École nationale supérieure d’ingénieurs) de Brest, a été labellisé par le Pôle mer Bretagne et attend l’accréditation de la conférence des Grandes écoles. Il vise à former, en 12 mois, des spécialistes du secteur. A condition qu’ils n’aient pas le mal de mer.

Raphaël Baldos

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  • 1 - De arzi77  | 14:13 | 3 mars 2010 |

    Dommage que ce mastere se nomme EMR ("Energies Marines Renouvelables"), ce qui laisse entendre qu’il existe des énergies marines... Non renouvelables !

    Or, si l’on ne commet pas l’erreur d’assimiler le pétrole ou le gaz qui peuvent se trouver sous le plancher océanique à une énergie "marine"... il me semble préférable de parler plutôt d’ERM, (car toutes les énergies marines sont renouvelables !), En outre, la principale... l’ETM, n’est pas intermittente ! Plus de details ici :
    http://www.clubdesargonautes.org &
    http://www.energiethermiquedesmers.net

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