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Italie

Un siècle de prison pour des manifestants anti-globalisation

Par Ivan du Roy (19 octobre 2009)

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Dans l’Italie berlusconienne, manifester son opposition à la globalisation capitaliste est pire que de commettre un meurtre. Le verdict est tombé le 9 octobre lors d’un procès en appel : dix présumés « black bloc » ont été condamnés de 7 à 15 ans de prison pour avoir participé à des dégradations, comme des bris de vitrine. 98 années et 9 mois d’incarcération en tout ! Les faits remontent à juillet 2001, lors de la grande mobilisation contre le G8 de Gênes. Des centaines de milliers de manifestants avaient encerclé la « zone rouge », le quartier où se réunissaient les chefs d’Etat transformé en forteresse policière et militaire. La police italienne avait violemment chargé les cortèges, tuant un manifestant, Carlo Guiliani, abattu par un carabinier. L’homicide a été classé sans suite en 2003 (un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 25 août 2009 oblige l’Etat italien à rouvrir l’enquête).

Dans la salle d’audience, le verdict provoque la protestation du public (rapporté par La Repubblica du 9 octobre, traduit par le site Cette semaine) : ce sont « des peines qu’on n’inflige pas même à des assassins. Et si ces jeunes ont commis un délit, c’est contre des choses, des objets. Pas des personnes », « En frapper dix pour en éduquer des millions »... « On avait l’intuition, après les sentences plus récentes, qu’il soufflait un air mauvais, mais il y a ici des inculpés qui ont pris plus de 10 ans pour avoir brisé une vitrine, et c’est tout », a commenté un avocat. Deux jours plus tôt, le chef de la police de l’époque, responsable de la répression, avait été acquitté.


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