Edgard Pisani a passé sa vie au service de l’État : ministre sous De Gaulle et Mitterrand, préfet, élu local, parlementaire, commissaire européen... A 91 ans, cet ancien résistant nous livre ses quelques espoirs et ses grandes inquiétudes sur l’avenir de la société dans laquelle nous vivons. Il s’étonne du (relatif) silence de la jeunesse face à la tournure des évènements ou s’agace du degré de scepticisme et d’abandon qui mine les individus. Rencontre tranquille avec un vieil homme qui continue de penser que l’action politique a du sens, si elle s’appuie sur une vision du monde, à reconstruire, et part des besoins humains. Un peu de recul dans un monde de brutes.
« Comment les jeunes peuvent-ils se taire dans un monde tel qu’il est, sans perspectives et sans signification ? »
« Il n’y a qu’une manière d’aborder les problèmes, c’est de partir des besoins »
« Nous n’aurons même pas à rêver l’abondance, nous aurons à rêver l’équilibre et se battre pour le réaliser »
« On en est arrivé à un degré de scepticisme et d’abandon qui se confond avec une soumission au destin »
« Chercher à comprendre c’est accepter d’être en position de désobéir »
Entretien réalisé par Agnès Rousseaux