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Sommet de l’Otan

Le quartier de Neuhof, cible des « black blocks » ou victime du capitalisme ?

Par Ivan du Roy (7 avril 2009)

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Le quartier de Neuhof, au sud-est de Strasbourg, a été le cadre d’affrontements entre forces de l’ordre et militants radicaux pendant le sommet de l’Otan. Quelques bâtiments et commerces, dont une pharmacie, ont été endommagés ou incendiés. L’occasion pour plusieurs médias audiovisuels de dénoncer des violences qui, fait aggravant, se sont produites contre les populations d’un quartier pauvre. Neuhof, l’un des quatre quartiers chauds de Strasbourg, défraie la chronique seulement lorsque émeutes et incendies y éclatent : en 1995, en 2005, ou lors des nuits du jour de l’An. Il est assez rare que ses 13.000 habitants bénéficient de la sollicitude médiatique.

Les JT se sont indignés des exactions des fantasmatiques black block (davantage une technique de manifestation mise en œuvre par les antifascistes allemands pour se protéger de la police et des groupes néo-nazis que des « groupuscules »). Mais ils se penchent rarement sur les conditions de vie des habitants de cette « zone urbaine sensible » (ZUS). Selon l’Observatoire nationale des ZUS et l’Insee, le chômage y frôle les 30%, plus du double que sur l’ensemble de la commune strasbourgeoise. Il dépasse les 40% chez les 15-24 ans. Et c’était avant la crise… Un tiers de la population est ouvrière ou employée. Les trois quarts vivent en HLM. La moitié des ménages gagne moins de 7000 euros par an (580 euros par mois). Et quand on a la chance d’occuper un emploi, une fois sur quatre celui-ci est précaire (intérim, CDD…).

Les groupes anarchistes et d’extrême gauche, quand ce n’est pas une « bande » du quartier, sont donc vraiment irresponsables de s’attaquer aux rares infrastructures de la zone. Mais que de telles inégalités existent et s’aggravent, cela ne semble pas gêner grand monde.


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