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Nouveau label en 2010

Menaces sur les produits bio : producteurs et consommateurs réagissent

Par Nolwenn Weiler (6 mars 2009)

Des produits bio contenant des OGM ou des pesticides... Ce n’est pas très grave aux yeux de la Commission européenne qui, depuis le 1er janvier 2009, a mis en place un nouveau label « Agriculture biologique » bien plus laxiste que la label français AB. Des paysans et des associations de consommateurs ont décidé de créer, ensemble, leur propre marque garantissant la qualité des aliments bio.

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Entré en vigueur le 1er janvier 2009, le nouveau label européen « Agriculture biologique » est beaucoup moins exigeant que le label français AB, propriété du ministère de l’Agriculture, dont le cahier des charges est contrôlé par des organismes de certification indépendants. Le label européen assouplit notamment les possibilités d’utilisation de produits phytosanitaires (pesticides) et d’antibiotiques. Il tolère aussi des « traces » d’OGM à hauteur de 0,9% dans les produits certifié bio. Un seuil équivalent contenu dans les produits non bio impose un étiquetage spécifique « avec OGM » sur tout produit vendu dans l’Union. Une véritable déréglementation donc, aux dépens de la qualité.

Des OGM dans le bio

Toute la filière bio pourrait en souffrir. L’organisation de consommateurs belge Test-Achats (l’équivalent de l’UFC Que Choisir) a ainsi révélé en février que, sur 113 produits analysés contenant du maïs ou du soja, 20% comportaient des traces d’OGM, dont deux produits bio. « Cela met les produits bio en position ambiguë car, d’une part, les cahiers de charges européens pour l’agriculture biologique interdisent la présence d’OGM dans ces produits, alors que d’autre part, il existe désormais une tolérance pour la présence involontaire de ces organismes génétiquement modifiés », commentait Test-Achats.

Producteurs et consommateurs ont décidé de réagir. La Fédération nationale de l’Agriculture biologique (FNAB) et d’autres associations [1] ont lancé l’initiative Alternative Bio 2009 à l’occasion du Salon de l’agriculture. Objectif : créer une « marque bio nationale privée » pour « conserver les standards de qualité qui font depuis 20 ans la bio française. » Un cahier des charges exigeant et cohérent avec les fondamentaux de l’agriculture bio, tant au niveau social qu’environnemental, sera élaboré collectivement. « Si les producteurs bio français ont toujours préféré œuvrer pour mettre en place des règles nationales publiques, d’autres pays européens ont depuis longtemps mis en place des marques privées pour garantir leurs spécificités. Pour la plupart d’entre elles, ces marques vont bien plus loin que les demandes réglementaires européennes », expliquaient Anne Laure Gaffuri, toute nouvelle présidente d’Alternative bio 2009 (et membre de Bioconsom’acteurs) et Dominique Técher, viticulteur du réseau FNAB, lors d’une conférence de presse, le 27 février, au Salon de l’agriculture.

Un nouveau label pour 2010

L’initiative devrait déboucher en 2010 sur une nouvelle marque bio française, qui, accolée à l’obligatoire label européen, garantira la qualité de la filière, à laquelle les consommateurs sont très attachés. Un sondage de la FNAB, réalisé en décembre 2008 sur plus de 3500 consommateurs de produits biologiques, révèle que, pour eux, une production bio idéale respecte la saisonnalité, limite les emballages et les transports, va dans le sens d’une agriculture à taille humaine, protège les ressources naturelles, et utilise les énergies renouvelables. Rien à voir avec la stratégie des enseignes de la grande distribution qui souhaitent seulement augmenter leurs volumes de produits étiquetés bios sans se soucier de leurs véritables conditions de fabrication.

Pour plus d’informations : alternativebio2009@live.fr

Notes

[1] Bioconsom’acteurs, Biocoop, Biomonde, le Syndicat d’Agriculture Bio-dynamique, la Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique, Val Bio Centre, Bio Bourgogne Association, Déméter France, et Biogalline gie.

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