BASTA !
Accueil > Chroniques > Notre protection sociale est en danger

Crise économique

Notre protection sociale est en danger

Par Sophie Hancart (24 décembre 2008)

L’affaire est grave, très grave. Selon le journal La Tribune, le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre un record de 15 à 20 milliards d’euros en 2009. En cause : l’explosion du chômage et le détournement depuis des années de plusieurs dizaines de milliards d’euros vers la bulle financière.

  • Réagir à cet article
  • Recommander à un-e ami-e
  • Augmenter la taille du texte
  • Diminuer la taille du texte
  • Imprimer

Première raison invoquée par l’ACOSS (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) : « Le trou de la Sécu serait augmenté d’au moins 5 milliards supplémentaires par rapport à ce qui était attendu initialement, à cause de la progression plus faible que prévu de la masse salariale sur laquelle sont indexées les recettes de la Sécu ». La crise économique et sociale s’apprête ainsi à asséner son grand coup de boutoir au bel édifice de notre protection sociale érigé après-guerre, dont la base est, déjà, patiemment rognée depuis quelques années.

Petite piqûre de rappel : entre 1980 en 2006, la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée des entreprises (les salaires part rapport à la rémunération du capital) est tombée de 67% à 57% en moyenne dans les quinze pays les plus riches de l’OCDE. En France, cette chute de 10 points sur un quart de siècle équivaut à 160 milliards d’€ issus des salaires — et donc de la protection sociale (retraite, chômage, santé, famille) que ceux-ci financent — qui ont été siphonnés par le capital.

Un point de masse salariale en moins correspond à environ 2 milliards d’€ de recettes en moins pour la protection sociale. Or, depuis trente ans, notre masse salariale a été constamment malmenée et réduite avec le chômage de masse, la précarisation de l’emploi et le gel des salaires. La masse salariale est également tributaire des ralentissements économiques, qu’ils soient volontaires ou non. Aujourd’hui, avec la crise, qui devrait générer d’ici 2010 quelque 8 à 10 millions de chômeurs supplémentaires dans les pays de l’OCDE, la rupture est nette.

Rien qu’en France, avec ces 160 milliards détournés depuis les années 80 vers les plus riches et la bulle financière, il n’y aurait pas eu de problèmes de pouvoir d’achat, de trou de la Sécu (15 milliards d’€ en 2008 pour son régime général, dont 8 pour la branche vieillesse) ni de déficit de l’Unedic (assurance chômage, 5 milliards d’€). Il n’aurait pas été nécessaire de « réformer » toujours plus à la baisse un système de protection sociale qui s’appuie exclusivement sur les revenus du travail tandis que les revenus du capital, exemptés de toute contribution (à part la CSG), n’ont cessé d’exploser, frisant des records d’indécence. Mieux : si ces centaines de milliards étaient restés entre les mains de ceux qui les ont gagnés (c’est-à-dire maintenus dans l’économie dite « réelle »), il n’y aurait pas eu de crise du tout !

Il est utile de rappeler que l’Etat français — mauvais payeur dont le déficit va frôler les 100 milliards — a déjà accumulé une dette de 17 milliards d’€ vis-à-vis de notre Sécurité sociale, non compensés à ce jour. Ainsi, année après année, a-t-il préservé sa trésorerie sur le dos de la solidarité nationale - que l’on souhaite anéantir pour la privatiser - et des assurés sociaux, à qui l’ont ment scandaleusement.

Avec la complicité d’une caste politique irresponsable, les financiers et autres spéculateurs ont volé l’argent de ceux qui triment : ils l’ont même dilapidé. Désormais le Roi est nu… et nous avec !!!

Sophie HANCART, animatrice du siteActuchômage et collaboratrice à Basta !

Réagir à cet article

Débattre

Etat sécuritaire

« À Grenoble, le traitement guerrier des événements est une aberration »

Par Jo Briant

Cofondateur du Centre d’informations Inter-Peuples, Jo Briant habite à la Villeneuve, quartier de Grenoble en état de siège depuis quelques jours. Pour cet ex-professeur de philo, engagé sur tous les fronts depuis un demi-siècle, le « traitement anti-criminalité » de la situation par les forces de l’ordre contribue à enfoncer davantage le quartier dans la stigmatisation et la souffrance sociale. Témoignage d’un habitant en colère.

[Lire la suite]

A VOIR AILLEURS

A LIRE AILLEURS

ça bouge !

4 septembre

Manifestation : non à la politique du pilori !

Face à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale par le gouvernement, cet appel invite les citoyens à manifester le samedi 4 septembre. L’occasion de rappeler que nul n’a le droit « de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République ». Découvrez tous les RDV d’action en France, de Agen à Tourcoing.

[Lire la suite]

Creative Commons License Sauf mention contraire, le contenu de ce site est sous contrat Creative Commons | CGU  | Nous contacter | Spip | RSS 2.0 fil rss

Avec le soutien de la région Ile-de-FranceIle-de-France et la Fondation pour une Terre HumaineFondation pour une Terre Humaine