BASTA !
Accueil > Débattre > Trois salariés sur quatre s’en foutent

Prud’hommes

Trois salariés sur quatre s’en foutent

Par Sophie Hancart (4 décembre 2008)

75% des salariés ont déserté les urnes leur permettant d’élire les représentants qui vont les défendre, pour les cinq années à venir, en cas de conflit avec leur employeur. Cette abstention record — la plus forte depuis 30 ans — est une excellente nouvelle pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

  • Réagir à cet article
  • Recommander à un-e ami-e
  • Augmenter la taille du texte
  • Diminuer la taille du texte
  • Imprimer

C’est pourtant la seule élection nationale qui permet à tous les salariés du secteur privé de s’exprimer, y compris les chômeurs, les apprentis, les intérimaires ou les sans-papiers. Alors que le chômage et la précarisation du travail seront le fléau de l’année 2009, que personne n’est à l’abri dans un contexte de crise qui servira de prétexte aux licenciements abusifs et autres comportements indignes d’un patronat conforté par le pouvoir en place, que tout un chacun aura peut-être un jour besoin d’être défendu par ces « juges de paix » du monde du travail, que font les trois-quarts des 18,6 millions d’individus concernés ? Ils s’en tapent !!!

Le règne de la pensée inversée

Pour symbole, ce commentaire d’article émanant de l’un d’entre eux sur 20minutes.fr, qui réagissait lundi aux revendications des agents de l’ANPE en grève : « C’est franchement honteux de demander une augmentation de salaire pendant cette période où les salaires sont "gelés" »... Voilà où nous en sommes ! Demander une augmentation (alors que la moitié des salariés français gagne moins de 1.500 € par mois) est devenu honteux. Le gel des salaires pratiqué par les entreprises depuis plusieurs années, lui, ne leur semble pas illégitime. Pourtant, ce gel des salaires a privé la masse salariale, la protection sociale et le pouvoir d’achat des intéressés de 10 points de PIB en faveur des revenus du capital, dont on sait aujourd’hui ce qu’il est capable de faire avec tout cet argent.

Idem pour le concept de « lutte des classes », jugé ringard par les salariés eux-mêmes alors que cette lutte, plus que jamais, fait rage. Elle a simplement changé de camp. Aujourd’hui, ce sont les nantis qui l’ont reprise discrètement à leur compte, tandis que leurs intérêts sont efficacement défendus par leur grand timonier, Nicolas Sarkozy. Et les employeurs ne s’y trompent pas, puisque leur participation au scrutin prud’homal est en hausse avec un Medef qui a récolté 72% des suffrages.

Zéro communication

Pendant que le Parti socialiste accaparait sans vergogne le devant de la scène avec un scrutin qui n’impliquait que 200.000 électeurs, le gouvernement, qui n’hésite pas à dépenser des millions pour sa communication personnelle, n’appelait pas plus au civisme et à l’importance de l’institution prud’homale, qu’il cherche à affaiblir puisque son objectif inavoué consiste à anéantir, lentement mais sûrement, le code du travail, les droits des salariés et le dialogue social.

Xavier Bertrand se frotte les mains. Cette abstention record, qui démontre l’apathie du salariat, sa complicité aveugle si ce n’est sa soumission quasi totale à un système qui le broie, ne peut qu’encourager le gouvernement à poursuivre l’exécution rapide de ses prochaines « réformes ».

Sophie Hancart, avec Actuchômage

Contribuer au débat

Débattre

Etat sécuritaire

« À Grenoble, le traitement guerrier des événements est une aberration »

Par Jo Briant

Cofondateur du Centre d’informations Inter-Peuples, Jo Briant habite à la Villeneuve, quartier de Grenoble en état de siège depuis quelques jours. Pour cet ex-professeur de philo, engagé sur tous les fronts depuis un demi-siècle, le « traitement anti-criminalité » de la situation par les forces de l’ordre contribue à enfoncer davantage le quartier dans la stigmatisation et la souffrance sociale. Témoignage d’un habitant en colère.

[Lire la suite]

A VOIR AILLEURS

A LIRE AILLEURS

ça bouge !

4 septembre

Manifestation : non à la politique du pilori !

Face à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale par le gouvernement, cet appel invite les citoyens à manifester le samedi 4 septembre. L’occasion de rappeler que nul n’a le droit « de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République ». Découvrez tous les RDV d’action en France, de Agen à Tourcoing.

[Lire la suite]

Creative Commons License Sauf mention contraire, le contenu de ce site est sous contrat Creative Commons | CGU  | Nous contacter | Spip | RSS 2.0 fil rss

Avec le soutien de la région Ile-de-FranceIle-de-France et la Fondation pour une Terre HumaineFondation pour une Terre Humaine