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Bien commun

La privatisation de l’eau, un crime contre la terre et l’humanité

Par Rédaction (23 mars 2012)

Alors que s’achève le Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, la Via Campesina réaffirme le droit à l’eau. Pour ce mouvement international qui rassemble des millions de paysannes et de paysans, de petits producteurs, de sans-terre, de jeunes du monde rural, ou de travailleurs agricoles, l’eau est un bien commun au bénéfice de tous les être vivants. Il doit être soumis à une gestion publique, démocratique, locale et soutenable.

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Nous, organisations paysannes de différents pays du monde, membres de la Via Campesina, nous sommes rencontrés du 12 au 17 mars 2012 à l’occasion du Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, en France. Des délégués venus, entre autres, de Turquie, du Brésil, du Mexique, du Mali, ont exprimé la détresse des « affectés » environnementaux et particulièrement ceux qui sont touchés par la construction des barrages, les gaz de schiste, les mines, l’accaparement, la marchandisation, la rareté de l’eau, les pollutions généralisées, les répressions et les meurtres envers les militants défenseurs de l’eau.

Nous revendiquons que le droit « de » et « à » l’eau soient respectés dans le cadre de la souveraineté alimentaire. Le droit « de » l’eau étant le respect permanent du cycle de l’eau dans son intégralité.

Nous affirmons que la privatisation et la marchandisation de l’eau et de tout autre bien commun (semences, terre, connaissances locales et traditionnelles, etc.) sont un crime contre la terre et l’humanité. Les grands projets de barrage et de centrales hydroélectriques emprisonnent et accaparent l’eau, ne tenant compte ni des besoins, ni des pratiques traditionnelles ni de l’opinion des communautés locales, et faisant fi de la préservation de l’écosystème.

Les crises de l’eau, de la biodiversité, les crises sociales, énergétiques et financières sont toutes liées et sont les conséquences du néolibéralisme et du modèle d’agriculture industrielle promu par les institutions financières internationales (Banque mondiale, Fond monétaire international, Organisation mondiale du commerce), les traités de libre-échange, le Conseil mondial de l’eau, les multinationales et la majorité des gouvernements.

L’économie verte est une fausse solution face au changement climatique et à la pénurie d’eau. La marchandisation de l’eau, du carbone, de la biodiversité, les OGM, les nanotechnologies, la géo-ingénierie [1] sont les nouveaux débouchés du néolibéralisme pour répondre aux crises. La fuite en avant continue alors que ces réponses technicistes et marchandes sont les principales responsables des chaos écologiques et sociaux que nous subissons.

Le modèle de production industrielle, les monocultures, l’agrochimie, ont pollué nos eaux, mis en péril notre santé. Nous défendons les pratiques agroécologiques et l’agriculture paysanne, qui mettent en pratique la souveraineté alimentaire et contribuent à la préservation et l’utilisation soutenable de l’eau.

L’eau est un bien commun au bénéfice de tous les être vivants et doit être soumise à une gestion publique, démocratique, locale et soutenable [2]. Les connaissances locales et traditionnelles de gestion de l’eau, qui protègent et considèrent l’écosystème dans sa globalité, existent depuis des millénaires. Elles ont fait preuve au fil du temps de leur efficacité. Les politiques publiques et les lois sur l’eau doivent reconnaître et respecter ces connaissances.

Pour la souveraineté alimentaire : stop à l’accaparement de l’eau !

La Via Campesina

Photo : source

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  • 1 - De Eau-Evolution  | 18:16 | 24 mars 2012 |

    Les données brutes disponibles sur l’état des rivières et des nappes souterraines, bien que très insuffisantes et imparfaites, permettent de juger sur pièce les actions passées de l’Etat aussi bien en matière de protection de la ressource en eau qu’en matière d’information publique environnementale : elles révèlent un saccage chronique de la ressource en eau et une désinformation publique chronique sur son état réel. Un aperçu de l’ampleur des dégradations de l’état des eaux et de l’incapacité de l’Etat à protéger et à surveiller efficacement la ressource en eau est présenté en détails dans le site citoyen EAU-EVOLUTION (http://eau-evolution.fr). Cf. en particulier "FAUT-IL SUPPRIMER LE MOT EAU DE LA CONSTITUTION ?" (http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?lien=eau_ecologi_environnement_president_2012_politique).

    En plus d’un constat indépendant sur l’état réel de la ressource en eau, ce site propose les bases d’un nouveau paradigme pour l’eau potable et l’assainissement :
    "Tous nos modèles agricole, industriel et domestique ont en effet été conçus à une époque où l’écologie n’existait pas. Les mesurettes qui ont été prises et que l’on continue de prendre ne rendent durable que la chienlit écologique que ces modèles ont engendrée. Elles ne peuvent remplacer le fondement scientifique sérieux qui leur fait défaut. Nous ne pouvons plus éviter de repenser en profondeur et en toute indépendance l’ensemble de ces modèles, avec des bases scientifiques sérieuses et une approche intersectorielle et interdisciplinaire qui seules pourront aboutir à des changements structurels à la hauteur d’enjeux comme le changement climatique et le maintien des équilibres naturels dont la biodiversité. Notre modèle occidental pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement des eaux usées joue un rôle central tout particulier, en synergie avec les deux autres. Il est basé sur le pillage des eaux souterraines, sur la dilution aberrante des pollutions bactériologiques, organiques et chimiques et sur un gâchis inacceptable de matière organique et d’énergie. Il repose sur deux piliers : la chasse d’eau et l’eau potable au robinet, inventions du siècle dernier qui nous ont conduits dans des impasses écologiques. Et malgré un avenir de fuite en avant technologique, énergétique et financière, en particulier au niveau des techniques de traitement, il n’offre pas de garantie de protection de la ressource en eau ni de sécurité sanitaire. De plus, il entrerait en dysfonctionnement grave si une grande partie de la population restreignait vraiment sa consommation d’eau. On ne devrait pas l’exporter dans les pays pauvres du sud". Etc. Cf ; "UN MODELE NON DURABLE QUI A ATTEINT SES LIMITES" (http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?lien=eau_potable_assainissement_impact_modele).

    Répondre

  • 2 - De Paul  | 12:48 | 4 avril 2012 |

    L’eau potable, on peut aussi en rire.

    http://www.youtube.com/watch?v=XItd_13Y6Zg

    Répondre

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