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Aménagement du territoire

En finir avec l’étalement urbain

Par Nolwenn Weiler (15 mai 2008)

Lotissements et pavillons s’étendent autour des agglomérations. Une aberration écologique et sociale alors que le coût de l’essence ne cessera d’augmenter. Gilles Petitjean, délégué régional de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en Bretagne, rappelle que l’espace est un luxe qui ne sied guère au développement durable. Économe en énergie, l’habitat moderne doit revoir ses désirs d’étalement à la baisse, quitte à se collectiviser de nouveau.

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Qu’est ce que l’étalement urbain ?

La Bretagne, et Rennes Métropole en particulier, sont des régions dynamiques. D’ici à 2015, Rennes Métropole accueillera 60 000 habitants de plus. Il va bien falloir loger tous ces gens-là. Jusqu’à présent, on a répondu à ces besoins par l’étalement urbain - les lotissements - et par le mitage du territoire - les maisons isolées en campagne. Cela crée des problèmes de coût de gestion énormes pour les collectivités. Il faut en effet aménager des réseaux d’eau, de transport et de collecte des ordures ménagères. Cela coûte aussi très cher en matériaux. Et cela entraîne de grosses quantités d’émissions de gaz à effet de serre. Il faut arrêter ça.

Pourquoi faut-il en finir avec ce type d’urbanisation ?

Il va, tout simplement, devenir impossible de fournir à chaque famille 1000m² de terrain ! A moins de supprimer tous les espaces naturels et agricoles, ce qui n’est pas envisageable. Nous avons tous besoin de garder les espaces agricoles pour la production de biens alimentaires ainsi que pour les besoins énergétiques de la filière (production d’agrocarburants). Il va aussi falloir augmenter significativement les surfaces de cultures d’agro-matériaux, comme le chanvre ou le lin, dont on va avoir un besoin croissant pour le secteur du bâtiment notamment. Une grave crise immobilière se profile, née de la crise énergétique avec une dévalorisation des biens situées loin des villes ou des bourgs, que l’on ne peut atteindre sans voiture dont le carburant coûte de plus en plus cher.

Comment faire ?

Il faut densifier la tâche urbaine, c’est à dire l’espace déjà urbanisé, et arrêter de l’étendre. Nous devons montrer que l’on peut construire des logements collectifs agréables à vivre, confortables, bien isolés de la pollution sonore, avec des avantages que ne possèdent pas les logements individuels. On pourrait en effet envisager d’avoir des salles de réunions communes, des buanderies communes, des voitures partagées, etc. Autant de pratiques qui permettent d’alléger le budget familial. Mais tout cela ne se fera pas du jour au lendemain, puisqu’on touche à la notion de propriété. De fortes incitations, comme, par exemple, l’augmentation de la fréquence des transports en commun, seront nécessaires. La densification de l’habitat est pleine de promesses. En milieu rural, cela permettrait de repeupler les centres bourgs, dans lesquels on ne va plus jamais. Si des personnes y habitent, elles apprécieront d’y faire leurs courses. Cela peut ramener des commerces, créer des emplois et dynamiser vie et économie locales.

Recueilli par Nolwenn Weiler

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Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

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