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Une maison écolo accessible aux petits revenus, c’est possible !

Par Nolwenn Weiler (5 novembre 2008)

En Bretagne, des petites communes arrivent à construire des maisons écologiques à peine plus chères que les bungalows proposés par Christine Boutin aux mal-logés. Exemple à Langouët, un demi millier d’habitants. Son maire, Daniel Cueff (Vert), nous explique pourquoi l’écologie est pour lui "un combat social".

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Construire écologique sans avoir de surcoût pour les ménages et les contribuables, mission impossible ?

A Langouët, nous avons prouvé par l’expérience qu’il était possible de construire un lotissement durable qui soit totalement dans les prix du marché. Les maisons y sont accessibles à des revenus faibles et moyens : elles coûtent 128 000 et 168 000 euros, terrain compris. Le dernier projet immobilier voté par le conseil municipal, qui sera construit aux normes Haute qualité environnementale (HQE), comprend des logements à acheter ou à louer, le tout en habitat social. Quant à notre école, HQE elle aussi, elle a coûté moins cher qu’une école traditionnelle.

Quelle est votre méthode ?

Les projets sont travaillés de façon systémique. Le bâtiment est pensé dans sa totalité par les différents partenaires - artisans, architectes, maître d’ouvrage - dès le début. Cela évite bien des surcoûts d’études ensuite. Nous récupérons aussi une grosse partie du budget sur la simplicité des dessins. Faire dessiner des formes complexes à des architectes, les faire construire, payer les matériaux nécessaires... cela coûte en général très cher, sans compter que les délais de livraison sont allongés.

Pourquoi insistez-vous sur ces coûts moindres ?

D’une part parce que l’on prétend trop souvent que construire en Haute qualité environnementale, c’est cher et donc inaccessible, surtout aux petites communes comme la nôtre. D’autre part, parce que, tant qu’il y aura de la pauvreté, il n’y aura pas de développement durable. Vous ne pouvez pas demander à des gens de se projeter 30 ans en avant s’ils ne savent pas ce qu’ils vont manger demain. Il faut d’abord lutter contre la pauvreté et favoriser, en priorité, l’accès des plus démunis à des constructions saines pour la santé et économes en énergie.

Le développement durable et la prise de conscience écologique ne sont donc pas réservés à ceux qui en ont les moyens ?

Les milieux modestes le vivent trop souvent comme la démarche d’une bourgeoisie qui vient se pencher sur leur façon de consommer. Eux ont déjà tout simplement du mal à avoir accès aux biens de consommation. Bourdieu parlerait de violence symbolique. L’écologie est un combat social. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans un petit milieu protégé pendant que les autres n’ont pas les moyens de passer à l’acte. On parle beaucoup, en matière de développement durable, de business, d’entreprises, de nouvelles technologies. On aborde trop peu les préoccupations concrètes des gens. L’homme doit être au cœur de la démarche, qui ne fait que proposer des outils pour faire fonctionner une économie dans un environnement fini : notre terre.

Recueilli Par Nolwenn Weiler

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