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Alimentation

Pesticides : catrastrophe sanitaire en vue

Par Nolwenn Weiler (18 février 2007)

76 % des Français s’inquiètent des résidus de pesticides dans leur alimentation. Et pour cause : les tests scientifiques mis au point révèlent un désastre sanitaire potentiel ! En effet, même à petite dose, ces produits chimiques sont toxiques.

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« Les pesticides sont sans danger », assure l’UIPP (union de l’industrie de protection des plantes, qui regroupe les industries phytosanitaires) à coup de campagnes de publicité et de communiqués de presse... Pourtant, les études et rapports prouvant la dangerosité des produits phytosanitaires pour la santé humaine se multiplient. Plusieurs substances actives sont notamment soupçonnées d’être cancérigènes et toxiques pour la reproduction. En décembre 2006, l’INRA (institut scientifique de recherche agronomique)a même conseillé le lancement d’une vaste étude épidémiologique, tellement « les risques pour la santé humaine apparaissent plausibles » !

Estimées à 900 en Europe, les substances actives sont homologuées suite à une évaluation dénoncée comme insuffisante par de nombreux citoyens et associations. Cette évaluation a également été remise en cause en 2001 par la Commission européenne. « Le système de test est incomplet, explique François Veillerette, du MDRGF (Mouvement pour les droits des générations futures). Les substances sont testées une par une, jamais en combinaison. On évalue la molécule active, et non le produit commercial. Or, c’est lui qui se retrouve au contact des êtres vivants. Et son pouvoir de pénétration dans la cellule est souvent supérieur à celui de la substance active. » « C’est ce que l’on observe pour le glyphosate et le Round up » développe Robert Bellé, professeur en biologie, de l’unité de recherche Mer & Santé (CNRS-UPMC) de la station biologique de Roscoff. « Nous avons prouvé dès 2002, que c’était le produit commercial Round up et non la substance active glyphosate à partir de laquelle cet herbicide est fabriqué qui était cancérigène. » D’autres chercheurs, français ou américains, ont démontré cette toxicité de ce produit.

Pas de financement pour la recherche

Fort de ces premiers résultats, Robert Bellé a poursuivi ses recherches. Il projette la mise en place d’un test pour évaluer le potentiel cancérigène de milliers de substances chimiques et combinaisons de substances. Il ne parvient malheureusement pas à obtenir de fonds pour financer cette étude. « Cela permettrait pourtant de déterminer quels sont les produits à risque bien avant que les pathologies n’apparaissent, dit Robert Bellé, et ce quelle que soit la dose du produit testé. Pour le moment, cela n’existe pas. » « Nous sommes très bien documentés en matière de toxicité aiguë, mais sur les effets d’une exposition chronique à des doses plus restreintes, ce n’est pas le cas », confirme François Veillerette.

C’est précisément l’évaluation des effets chroniques des pesticides qui permettrait de connaître leur véritable impact sur la santé humaine. « Il est donc regrettable qu’il soit si difficile d’obtenir des financements sur cette thématique, s’indigne Robert Bellé. D’autant que le potentiel cancérigène des produits phytosanitaires, s’il était avéré, est infiniment supérieur à celui de l’amiante, pour la simple raison que l’ensemble de la population y est exposé et que les doses diffusées dans l’environnement depuis 50 ans sont très élevées. »

Nolwenn Weiler

A lire : « Pesticides, révélations sur un scandale français », ouvrage de Fabrice Nicolino et François Veillerette, publié chez Fayard sortira le 1er mars prochain.

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