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Néo-impérialisme ?

Agrocarburants : l’Europe et le Brésil lorgnent sur l’Afrique

Par Nadia Djabali (20 juillet 2010)

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Un nouvel accord de coopération a été signé à Brasilia mercredi 14 juillet par le Brésil, l’Union européenne et le Mozambique. Cet accord concerne le développement d’un commerce « triangulaire » d’agrocarburants. Il est considéré comme un premier pas vers une coopération plus importante entre les pays d’Afrique, le Brésil et l’UE.

Le Brésil, qui souhaite développer le secteur des agrocarburants destinés à l’exportation, a besoin de passer des accords avec les pays africains lusophones notamment l’Angola, la Guinée-Bissau, et le Mozambique. Avant d’assister à la finale de coupe du monde de football le 11 juillet dernier, Luis Inácio Lula da Silva, accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires, était en tournée en Afrique depuis le 3 juillet. « Le Brésil souhaite devenir un partenaire des pays africains dans de nombreux projets de développement, a déclaré le porte-parole de la présidence, Marcelo Baumbach. Il veut aussi développer les accords de coopération, les investissements et les financements dans le secteur de l’agriculture, des infrastructures et des énergies renouvelables. » Quant à l’Union européenne, elle poursuit son objectif d’ici 2020 de 10% d’incorporation d’énergies renouvelables dans la production dédiée aux transports, dont plus de 5% d’ici 2012. Cet accord de coopération permettrait d’amoindrir la « lourdeur » des taxes auxquels sont soumis les agrocarburants brésiliens lorsqu’ils entrent en Europe, alors que les produits africains sont moins taxés.

Agrocarburants pour voitures ou alimentation des populations

Les militants écologistes africains apprécient moyennement la signature de cet accord. « L’expansion des agrocarburants dans notre pays transforme des zones forestières et naturelles en monocultures énergétiques, confisque des terres agricoles fertiles qui permettaient aux populations locales de produire leur nourriture, explique Anabela Lemos (Justica Ambiental - Amis de la Terre Mozambique). A cela s’ajoutent des conditions de travail « déplorables » et les conflits autour des droits de propriété qui se multiplient avec les populations locales. « Ce que nous voulons, affirment les militants, ce sont de vrais investissements pour améliorer notre agriculture et pouvoir remplir, non pas les réservoirs des voitures étrangères avec du carburant, mais les estomacs de nos concitoyens avec de la nourriture  ». Selon Les Amis de la Terre, ce sont principalement les Européens qui investissent dans les agrocarburants. Les demandes de droit d’utilisation des terres concernent plus de 4,8 millions d’hectares au Mozambique (la superficie du Danemark !), soit près d’un hectare sur sept de terre arable disponible dans le pays.

Dans un même temps, le Brésil annonce le 22 juin dernier le renforcement de ses lois concernant l’acquisition des terres agricoles par des étrangers. « A cause de la sécurité alimentaire, les terres brésiliennes doivent rester dans des mains brésiliennes », expliquait Guilherme Cassel, ministre brésilien du développement agraire. Une précaution dont devra se passer l’Afrique lusophone.


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