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Grand projet

Une association écologiste opposée au Center Parcs en Isère subit des pressions financières

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Une association va t-elle subir une coupe de ses financements publics à cause de son opposition au projet de Center Parcs dans les Chambaran ? C’est ce que dénonce la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), l’une des plus importantes associations environnementales de la région. Dans une lettre du 17 novembre au Conseil général de l’Isère [1], Francis Meneu, le président de la section Isère de la fédération, évoque des « pressions inacceptables ». Le département envisagerait de ne pas renouveler ses subventions en 2015. Soit environ 200 000 euros, précise le site d’informations grenoblois Gre’net. Ces subventions sont notamment accordées pour des animations de sensibilisation à la nature dans les écoles. Mais les recours menés par la Frapna Isère à l’encontre d’un projet controversé de Center Parcs semblent ne pas avoir plu. D’autant que le Conseil général soutient ce Center Parcs à hauteur de 7 millions d’euros.

Dans un entretien accordé à France 3, Alain Cottalorda, président (PS) du Conseil général, affirme que le partenariat avec la Frapna ne sera pas rompu, mais « juste rediscuté ». Il estime que « le président de la Frapna de l’Isère a franchi la ligne rouge en se rangeant du côté des opposants les plus radicaux au projet de Center Parcs ». Contacté par Basta !, Francis Meneu, directement visé par les propos de l’élu socialiste, confie que « la situation évolue favorablement ». Un rendez-vous est fixé entre la fédération environnementale et les services du Conseil général le 15 décembre prochain « afin de discuter du dossier ». « Nous n’avons jamais appelé à la violence, tient-il à préciser. Ce que nous voulons, c’est que soit amélioré le débat environnemental en amont du projet. » Selon la Frapna, ce Center Parcs constitue la plus vaste opération de destruction de zone humide des quinze dernières années en Rhône-Alpes. « Dix fois Sivens » !

« On ne lâchera rien »

Le projet de Center Parcs en Isère a fait l’objet d’avis négatifs des experts consultés. « Les décisions ont été prises de manière non transparente », souligne Francis Meneu. Malgré les pressions, la Frapna a déposé un recours en référé au tribunal administratif de Grenoble, demandant la suspension de deux arrêtés préfectoraux. « Ces recours pourraient entrainer la suspension des travaux, prévient Francis Meneu. C’est rare, mais vu l’absence de concertation, ce ne serait guère étonnant. »

Dans l’attente de l’audience au tribunal le 12 décembre, le chantier est arrêté depuis quelques jours. Suite au lancement d’une zone à défendre en lisière du site le 30 novembre, des opposants ont rendu la route d’accès au chantier inaccessible et occupent les préfabriqués construits pour les ouvriers. Le président du Conseil général de l’Isère vient de réaffirmer que « le concept même de Center Parcs est écologique » [2]. Ironie du sort, le ministère de l’Écologie rappelle dans un rapport publié le 5 décembre, que de « multiples pressions s’exercent sur la biodiversité et menacent la survie de nombreuses espèces ». Entre autres causes du déclin de la faune et de la flore, le document cite « le drainage des zones humides ». Pour Francis Meneu, c’est clair : « la qualité et la richesse même de cette zone humide [dans les Chambaran] en font un lieu incompatible pour pouvoir accueillir une ville nouvelle de plus de 5000 habitants. On ne lâchera rien. »

@Sophie_Chapelle CC Sophie Chapelle / Basta ! (photo prise sur le chantier du Center Parcs des Chambaran, le 16 novembre 2014)

[Mise à jour le 10 décembre 2014 à 17h] Le tribunal administratif de Grenoble, qui devait examiner le 12 décembre la suspension, ou non, des travaux de défrichement sur le site du projet de Center Parcs à Roybon (Isère), a décidé de reporter l’audience au 18 décembre.

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