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Pollution

Mobilisation pour sauver les calanques des boues toxiques

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30 millions de tonnes. C’est la quantité minimale de boues rouges – des résidus toxiques – qui auraient été déversées ces cinquante dernières années dans la Méditerranée, au large des calanques de Cassis. En cause, la production d’alumine sur le site de l’usine Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Ancienne propriété du groupe français Pechiney, puis de l’anglo-saxon Rio Tinto-Alcan, cette usine extrait quotidiennement de l’alumine à partir de minerai de bauxite traité à la soude. Problème : une grande partie des résidus de bauxite sont dilués puis déversés en mer, via un conduit de 47 km de long qui débouche à 7 km des côtes, par 320 mètres de profondeur, au cœur du Parc national des Calanques. Une situation qui dure depuis 1966 !

Cette pollution suscite l’inquiétude de riverains et associations. Selon un communiqué des Collectifs de protection de la Mer, « ces résidus sont chargés en métaux lourds toxiques (titane, chrome, plomb, nickel, mercure, arsenic, cadmium...) ». Brassées par les courants marins, ces boues rouges impacteraient la faune et la flore. Une accusation dont se défend l’usine Alteo sur la base de rapports publiés par son comité de suivi scientifique. L’impact serait « très limité » selon le directeur des opérations d’Alteo, dans un entretien à 20 minutes. « On estime qu’à 50 m de notre canalisation, on ne trouve plus aucune trace. »

Appel à mobilisations le 8 septembre

Reste qu’à la suite d’un arrêté préfectoral de 1996, Alteo doit mettre fin à ses rejets en 2015. L’usine s’est équipée pour cela de « filtres-presse » qui, comme leurs noms l’indiquent, filtrent l’eau et la soude des boues de manière à obtenir une poudre, la bauxaline. Mais que faire du liquide extrait des boues ? Alteo a demandé à la préfecture de continuer à déverser dans la mer, pour une durée de 30 ans, ses effluents liquides. Sans cette autorisation, Alteo menace de fermer. « Le lobby industriel et le chantage à l’emploi s’exercent de nouveau », dénonce l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

Sur place, les Collectifs de protection de la Mer appellent à une mobilisation le 8 septembre à Cassis [1]. Ce jour-là, le Conseil d’Administration du Parc national des Calanques doit donner son avis sur cette demande de dérogation. « Si le vote du conseil d’administration est négatif, le préfet de région ne pourra pas délivrer d’autorisation pour le rejet en mer », assure Olivier Dubuquoy, membre de ces collectifs. En 2013, Delphine Batho, ancienne ministre de l’Écologie, s’était engagée à un arrêt définitif de ces résidus d’ici fin 2015 (son courrier). Ségolène Royal ne s’est pour le moment pas prononcée sur ce dossier.

[Mise à jour] Lundi 8 septembre, le conseil d’administration du parc national des Calanques a prolongé de trente ans la dérogation accordée à l’usine Alteo pour rejeter en mer des résidus liquides issus de la production de bauxite.

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