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Syriza est-il vraiment un danger pour l’économie grecque ?

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C’est l’idée la plus répandue en Europe : une « victoire de Syriza » en Grèce menacerait l’intégrité de la zone euro. Les autorités les plus établies de toute l’Europe, des gouvernements aux banques en passant par les instances européennes, mettent en danger contre l’arrivée au pouvoir de la « gauche radicale » qui « stopperait le cours des réformes. » Une solution qui serait inacceptable pour les autres pays de la zone euro et qui conduirait, affirme-t-on, à une inévitable sortie du pays de la zone euro, le fameux « Grexit. » L’objectif de ce déchaînement rhétorique est simple : effrayer l’électeur grec. Non seulement par un éventuel « Grexit », mais aussi par la perte du « fruit des réformes » menées depuis 2010. Autrement dit, le danger serait que Syriza ne ramène la Grèce à sa situation d’avant 2010, celle qui a mené le pays à la banqueroute.

Les deux partis traditionnels ont un lourd bilan

Qu’en est-il en réalité ? Rappelons que ce n’est pas Syriza, mais bien les deux partis au gouvernement, le Pasok et la Nouvelle Démocratie (ND) qui ont dirigé la Grèce pendant trente ans et qui ont créé les conditions de la banqueroute de 2010. Antonis Samaras, le Premier ministre sortant qui donne des leçons de responsabilité à l’opposition, a été ministre au début des années 1990 et son parti est celui qui a maquillé les comptes du pays pour entrer dans la zone euro. Quant au Pasok, c’est lui qui, au début des années 1980, a gonflé les effectifs de la fonction publique pour « remercier » ses militants. Aujourd’hui, selon les sondages, ces deux partis, qui ont regroupé jusqu’à 80 % des exprimés ne recueilleraient pas plus de 30 %. La conversion soudaine et opportuniste de ces deux partis aux « solutions » européennes d’austérité ne l’a sans doute pas fait oublier aux Grecs eux-mêmes. En s’appuyant sur la vieille oligarchie politique grecque, les Européens font une erreur d’appréciation majeure de la réalité politique du pays.

Les réformes selon Syriza

Syriza se présente en effet comme un parti qui s’oppose à cette caste traditionnelle. Le cœur de son programme repose, du reste, sur une réforme en profondeur du secteur public et sur la lutte contre la corruption...

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