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Quand Jaurès parlait des "fanatiques de l’Islam"

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JAURÈS : Messieurs,

Il paraît que les habitants des colonies sont une sorte de bétail innombrable et inférieur que les races blanches peuvent exploiter, décimer, asservir. Voilà un préjugé barbare, un préjugé d’ignorance, de sauvagerie et de rapine. Ces peuples sont composés d’hommes et cela devrait suffire ; mais ils sont composés d’hommes qui pensent, qui travaillent, qui échangent et qui ne sont pas résignés à subir indéfiniment les violences d’une Europe qui abusait de leur apparente faiblesse.

Aujourd’hui c’est d’Afrique, du Congo, du Maroc, que chaque jour nous arrivent des récits accablants sur les actions de nos soldats devenus de véritables mercenaires incontrôlés : assassinats sadiques, incendies de villages, pillages permanents, violations de sépultures...

VOIX : Monsieur Jaurès, en tant que Président de la Chambre, je dois vous le rappeler : Il n’est pas de soldat plus généreux et plus humain que le soldat français.

JAURÈS : Rassurez-vous, je ne l’ignore pas plus que Monsieur le Président du Conseil (nde : Clemenceau), qui écrivait il n’y a pas si longtemps, en parlant de la Chine : « On a tué, massacré, violé, pillé tout à l’aise, dans un pays sans défense ; l’histoire de cette frénésie de meurtres et de rapines ne sera jamais connue, les Européens ayant trop de motifs pour faire le silence »

VOIX : Mais qu’est-ce que cela à a voir avec l’Afrique ?

JAURÈS : Il faut en tout cas espérer, Messieurs, que nos soldats s’attellent chaque jour, par leurs manières hautement généreuses, lorsqu’ils pacifient les populations africaines, à corriger ce que votre maître Tocqueville disait en 1847 : "Nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle ne l’était avant de nous connaître."

VOIX : Ces Africains sont des fanatiques !

JAURÈS : Des fanatiques ?

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