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« No gazaran » : la mobilisation contre les gaz de schiste s’amplifie

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Ils étaient plus de 10.000 à manifester le 26 février à Villeneuve-de-Berg (Ardèche). La mobilisation contre l’extraction du gaz de schiste prend de l’ampleur, et la résistance s’organise : actions non-violentes, procédures juridiques pour annuler les permis d’exploration, campement sur les sites concernés et grand rassemblement citoyen sont en projet. Avec un objectif : au-delà des problèmes posés par le gaz de schiste, engager un débat sur l’avenir énergétique de nos sociétés.

© Photos : Georges Bartoli / Fedephoto.com

« Le 12 janvier, nous étions 20, aujourd’hui nous sommes 20.000 à Villeneuve-de-Berg ! », lance Jean-Louis Chopy, porte-parole du collectif ardéchois contre les gaz de schiste. Deux mois à peine après les premières réunions d’information, c’est une foule impressionnante qui s’est déplacée le 26 février, pour la première manifestation nationale contre l’exploitation du gaz de schiste. Ni dans le sud-Ardèche, ni ailleurs. « No gazaran », « Pas la peine d’in-schister », « Sarko-schiste, dégage ! », « Que ma montagne est belle sans gaz de schiste » sont quelques-uns des slogans lancés lors de ce rassemblement haut en couleur.

« Nous ferons tout pour nous opposer à ces permis »

Souvent en famille, avec poussettes et vélos, ils sont venus de l’Ardèche, de la Drôme, du Vaucluse, du Gard, de l’Hérault ou de l’Aveyron, principaux départements concernés par les permis signés en catimini par Jean-Louis Borloo il y a tout juste un an. Les collectifs du Lot, des Bouches-du-Rhône, ou de la région parisienne sont aussi représentés. Deux militants québécois ont fait le déplacement pour témoigner de « la formidable mobilisation citoyenne » aux quatre coins de la province, contre les puits existants et tous les projets d’extraction en cours.

La route nationale reliant Montélimar à Aubenas n’a sans doute jamais connu telle affluence. Débordés, les gendarmes ont bloqué des centaines de voitures à plusieurs kilomètres du lieu de rassemblement, obligeant de nombreux manifestants à finir le trajet à pied. Nombre d’entre eux ne sont pas arrivés à temps pour entendre le maire de Villeneuve-de-Berg, Claude Pradal, exiger que les permis soient tout simplement « annulés ». « Nous ferons tout pour nous opposer à ces permis », a lancé l’élu, car « les conséquences seraient lourdes » pour l’agriculture et le tourisme, piliers de la vie locale.

Attaquer les permis d’exploration au tribunal administratif

Fustigeant l’irresponsabilité du gouvernement qui n’a pas pris la peine de consulter ou d’informer les élus locaux, Claude Pradal a également dénoncé « les modifications apportées au code minier » qui « simplifient la vie des prospecteurs ». Les annonces de Nathalie Kosciusko-Morizet concernant une suspension des travaux d’exploration – dans l’attente des conclusions d’une mission d’évaluation – n’ont guère rassuré les manifestants. Heureux de se retrouver aussi nombreux, ils ont plutôt envie d’en découdre !

Pour Jean-Louis Chopy, porte-parole du collectif ardéchois, il faudra « empêcher les camions d’entrer sur nos territoires ». Il appelle à organiser des « pyramides téléphoniques » pour pouvoir réagir au plus vite. Les propriétaires de maisons ou de terrains qui seraient démarchés sont invités à se faire connaître pour organiser la résistance. Plus tôt dans la journée, les collectifs « Gaz de schiste – non merci », réunis à Saint-Marcel-lès Valence, ont confirmé s’appuyer sur un pool de juristes et multiplier les procédures légales pour casser les permis délivrés. Des demandes d’abrogation de certains permis ont été envoyés aux ministres Éric Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet. Sans réponse de leur part, ces permis seront attaqués au tribunal administratif.

Engager la réflexion sur notre avenir énergétique

Les collectifs n’entendent pas pour autant abandonner le terrain. Ils ont déjà rendez-vous le samedi 5 mars à Doue (Seine-et-Marne) pour dénoncer les travaux d’exploration de pétrole de schiste dans la région. Selon les représentants des collectifs franciliens, deux fracturations hydrauliques, méthode polluante d’extraction du gaz de schiste, auraient été déjà pratiquées sur des puits en Île-de-France. De peur que les travaux reprennent après le 15 avril, date de remise du rapport d’étape de la mission d’évaluation, un « campement de résistance » est d’ores et déjà envisagé.

Une journée de mobilisation décentralisée, partout en France, pourrait être organisée le 15 avril. Des projets de jumelage avec les villes et villages québécois touchés par l’exploitation des gaz de schiste vont voir le jour. Tout comme des rencontres avec des collectifs polonais, allemands, anglais, concernés par la frénésie des gaz de schiste. La possibilité de tenir un grand rassemblement international pendant l’été est étudiée. Peut-être sur le Larzac. L’objectif ? Qu’au-delà des gaz de schiste, une véritable réflexion s’engage sur notre avenir énergétique et la surconsommation de matières premières... Tout un programme, sur lequel les futurs candidats à l’élection présidentielle auraient alors à se prononcer.

Maxime Combes

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