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Nigeria : Boko Haram, récit de trois jours de massacres

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Des tirs, des hurlements, puis une fuite nocturne à travers la brousse jonchée de cadavres. Yanaye Grema est resté terré trois jours pendant que les combattants de Boko Haram ravageaient sa ville de Baga sur les rives nigérianes du lac Tchad.

Samedi 3 janvier, la milice d’autodéfense de ce pêcheur de 38 ans venait d’être défaite par la puissance de feu du groupe islamiste, lancé dans une vaste et sanglante offensive contre plusieurs localités de l’extrême nord-est du Nigeria. Caché entre un mur et la maison de son voisin, protégé par le feuillage d’un margousier, Yanaye Grema écoutait le massacre se dérouler autour de lui.

« Tout ce que j’entendais c’était des tirs d’armes à feu, des explosions, des hurlements, et les +Allah Akbar+ des combattants de Boko Haram », raconte-t-il à l’AFP par téléphone depuis Maiduguri. « Chaque nuit j’escaladais la palissade de ma maison pour avaler rapidement des graines de manioc, boire de l’eau, et ensuite je retournais dans ma cachette. »

(...) Des officiels ont affirmé cette semaine que l’attaque avait forcé près de 20 000 personnes de Baga et des localités près du lac Tchad à prendre la fuite, certains traversant même la frontière tchadienne. L’attaque de la semaine dernière n’était pas la première à viser Baga. Près de 200 personnes y avaient été tuées en avril 2013. Des combattants de Boko Haram avaient attaqué la ville, l’incendiant en grande partie, ce qui avait provoqué une violente confrontation avec l’armée nigériane.

Cette fois, les islamistes ont rencontré moins de résistance et sont parvenus à prendre le contrôle de la ville ainsi que de la base de la Force multinationale (MNJTF), censée regrouper des soldats nigérians, nigériens et tchadiens dans la lutte contre Boko Haram —mais où ne se trouvaient que des troupes nigérianes au moment de l’attaque. Au moins 16 villes et villages de la zone ont été rasés.

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