Déforestation

Mobilisation pour les forêts françaises convoitées par les traders du bois

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Certains sont vêtus de noir, d’autres portent un cercueil orné par la gravure d’un arbre. Les militants du collectif SOS Forêts France, qui regroupe des dizaines d’associations, de syndicats forestiers et de personnalités qualifiées, sont venus enterrer symboliquement la forêt française au Panthéon le 3 avril. C’est le dernier jour de dépôt des amendements au projet de Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, avant son examen au Sénat à partir du 8 avril. « Nos forêts ne seront bientôt plus qu’un joli souvenir si nous ne changeons pas le projet de loi », avertit le Collectif dans une pétition qui a recueilli plus de 50 000 signatures en moins d’un mois. L’enjeu, « lancer l’alerte pour protéger nos forêts et sauvegarder les emplois de la filière bois ».

Les orientations actuelles du projet gouvernemental favorisent, selon le Collectif, « la concentration économique de la filière autour de méga-scieries ou de méga projets bois biomasse », qui auront pour conséquence « des volumes de coupe gigantesque » dans les forêts du Morvan, des Landes ou d’Alsace. Il deviendrait impossible pour les petites et moyennes entreprises de faire le poids face aux « traders du bois » (voir notre enquête : Les forêts françaises, nouvel eldorado industriel ?). Le Collectif préconise une gestion nationale des projets en concertation avec les territoires, et exige des plans d’approvisionnements précis, locaux et durables. SOS Forêts France demande également la suppression de l’alinéa 65 de l’article 30 qui autorise pour la première fois depuis 1349, une régression de la surface forestière.

Le Parti de Gauche s’associe au mouvement et propose plusieurs amendements visant notamment à maintenir les personnels de l’Office national des forêts dans leurs missions de service public (lire à ce sujet notre article : La France veut-elle privatiser ses forêts et se débarrasser de l’ONF ?). Dans une lettre ouverte aux Sénateurs, SOS Forêts France réaffirme son refus d’ « une industrialisation intensive des forêts basée sur une rentabilité maximale à court terme » et « la mise en place d’une politique de gestion des forêts favorisant partout la monoculture de résineux, l’utilisation abondante de pesticides, les coupes rases… ». Des choix qui ne sont pas sans rappeler ceux faits en agriculture avec des conséquences parfois désastreuses. Pour SOS Forêts France, d’autres pistes de développement économique existent : « La relocalisation dans les territoires et le développement de petites unités de production d’énergie, prioritairement orientées vers la production de chaleur, proches de la ressource, est l’alternative principale à promouvoir. » Qu’en disent Stéphane Le Foll et Ségolène Royal ?

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