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Allemagne

McDo veut nous faire manger du poulet nourri aux OGM

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En 2001, McDonald’s s’était engagé à ne pas vendre de poulet nourri au soja ou maïs transgéniques dans ses restaurants européens. C’en est fini de cette promesse. Pour l’Allemagne en tous cas [1]. Depuis début avril, les McDo allemands peuvent proposer nuggets et burgers de poulet nourri aux organismes génétiquement modifiés. L’information a été révélée par Greenpeace Allemagne et confirmée par l’entreprise.

La raison invoquée ? « Nos fournisseurs nationaux et internationaux de poulet nous ont signalé n’être plus en mesure, à partir du deuxième trimestre de cette année, de garantir une alimentation sans OGM en quantité suffisante à des conditions économiques acceptables », écrit le porte-parole de McDonald’s en Allemagne (dans un courrier à Greenpeace). Trop chère, la volaille sans OGM ? Selon Greenpeace, un burger au poulet garanti sans alimentation transgénique coûterait pourtant moins d’un centime d’euro de plus. Un petit centime qui semble de trop pour la chaîne de fastfoods, qui a oublié à l’occasion ses beaux discours sur les effets désastreux des cultures de soja transgénique sur la forêt amazonienne et ses engagement à la protéger.

Suffira-t-il aux Allemands d’éviter les McDo pour ne pas manger de poulet nourri aux OGM ? Non. En février, la coordination nationale de la filière volaille a renoncé à son engagement de ne nourrir ses poulets, dindes et autres sans aucun aliment transgénique. Obligation pourtant suivie depuis 14 ans. La justification : il serait de plus en plus difficile de trouver des aliments pour volaille sans OGM. « L’offre de soja sans OGM va diminuer en 2014. Ainsi, le plus grand producteurs mondial de soja, au Brésil, a annoncé ne pouvoir fournir que 50% de la quantité de l’année passée », écrivait le groupement dans un communiqué. Faux, répond Stephanie Töwe, de Greenpeace Allemagne : « Il y a du soja sans OGM en quantité suffisante. Le groupement brésilien des producteurs de soja sans OGM (Abrange) assure que les agriculteurs brésiliens produisent cette année, par rapport à la saison précédente, 10% de plus de soja conventionnel (sans OGM). Pour l’État du Brésil qui produit le plus de soja, Mato Grosso, les pronostics de récolte sont même sur une augmentation de 50%. » 

La grande distribution renonce également à ses engagements

Les grands groupes cherchent-ils vraiment à éviter les aliments transgéniques ? « Le filière de la volaille dit qu’il n’y a pas assez d’aliment sans OGM. Et la distribution prend ces déclarations pour argent comptant et abandonne ainsi la responsabilité des produits qu’elle vend », souligne Stephanie Töwe. Selon les résultats [2] d’une enquête effectuée en mars par Greenpeace auprès de groupes allemands de la grande distribution, seules deux des douze chaînes de supermarchés interrogées s’engagent à ne vendre que de la volaille et des œufs garantis sans alimentation OGM. « Un poulet nourri sans OGM coûte pourtant au maximum huit centimes de plus », indique Stephanie Töwe.

En Grande-Bretagne, plusieurs grands groupes de supermarchés ont renoncé en 2013 à leur engagement de ne pas vendre de la volaille nourrie avec des OGM. En France, un récent guide de Greenpeace montre aussi que de très nombreuses marques de volailles (entre autres produits) vendues en supermarchés ne sont pas garanties sans OGM. Le meilleur moyen pour éviter les aliments transgéniques reste encore, selon ce guide, de se tourner vers l’agriculture biologique, qui exclue les OGM à tous les stades.

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