Mouvement social

Manifestations contre la loi travail : blocages et violences policières

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Le projet de loi sur la réforme du code du travail a été présenté, et adopté, en conseil des ministres ce 24 mars. « On attendait pas mieux de leur part », grince Karl, docker de Saint-Nazaire qui avait, comme ses collègues dockers et travailleurs portuaires, posé une grève de 24h. On faisait aussi grève hier chez les douaniers, dans certaines stations de radio, et même dans … les chambres d’agriculture. «  Nous étions moins nombreux que le 9 mars, juge Karl qui a défilé dans les rues de Saint-Nazaire. Mais c’est parce qu’on se prépare pour le 31 ! Là, il va y avoir du monde. » Soucieux d’occuper l’espace public, et médiatique, avant la grande mobilisation annoncée ce 31 mars, ils sont quand même plusieurs milliers à avoir défilé hier, un peu partout en France.

Les organisations syndicales et étudiantes qui tenaient à cette journée d’action (CGT, FO, FSU, Union syndicale Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ne sont pas convaincues par les modifications apportées au projet de loi suite aux manifestations des 9 et 17 mars et à la grosse mobilisation via les réseaux sociaux. « Les modifications apportées par le gouvernement au projet de loi travail ne changent rien à l’affaire : le texte présenté au conseil des ministres reste toxique pour les salariés d’aujourd’hui et de demain. De toute évidence, ce texte ne permettra pas les créations nécessaires d’emplois, généralisera la précarité et aggravera les inégalités professionnelles notamment envers les femmes et les jeunes. C’est ce que montre l’exemple des pays européens ayant suivi cette voie [1] » Ce que réclament ces lycéens, salariés, privés d’emplois et retraités, c’est le retrait pur et simple du projet de loi.

« Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce »

« Avant de manifester, nous avons passé trois heures à bloquer la circulation au niveau du pont de Saint-Nazaire, très emprunté au petit matin », rapporte Karl. À Toulouse, ce sont les lycéens et étudiants qui ont bloqué le périphérique, pour manifester leur colère, et expliquer à leurs concitoyens les risques et dangers du projet de loi de la ministre du travail Myriam El-Khomri. Dans les lycées parisiens bloqués, ou dans certaines universités (à Nantes ou Paris 8), des élèves ont également tenté d’informer leurs collègues, pendant que d’autres manifestaient. À Nantes et Paris, plusieurs interpellations ont eu lieu parmi eux en début d’après-midi, suite à des affrontements avec la police.

Plus tôt dans la matinée, un incident grave s’est déroulé à Paris, à proximité d’un lycée situé dans le 19ème arrondissement : un lycéen, encerclé de trois policiers, et déjà à terre, s’est entendu intimer l’ordre de se relever avant de .... se prendre un énorme coup de poing. La vidéo qui montre la scène a fait le tour des réseaux sociaux, et suscité beaucoup d’indignation. Le syndicat étudiant Unef a diffusé un communiqué pour dénoncer ces violences, et pour rappeler que, depuis que le mouvement social contre la loi travail a débuté, les forces de l’ordre ont réagi plusieurs fois de façon disproportionnée ou injustifiée contre des lycéens et des étudiants qui manifestaient.

La grande mobilisation contre la loi démantelant le code du travail est prévue le 31 mars. Les dockers espèrent que les cheminots et routiers se mettront en grève. Les étudiants et lycéens comptent sur les salariés pour les aider à bloquer le pays, si la loi devait passer en force. L’une des banderoles parisiennes avertissait hier dans le cortège : « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce ».

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