Un média indépendant en accès libre, sans publicité, animé par sept journalistes, a besoin du soutien de ses lectrices et lecteurs. Faites un don à Basta ! En passant par J’aime l’info, un don de 50 euros ne vous coûte que 17 euros.

Avancement de la campagne : 29399 € sur 100000 € !

29.4%

À lire sur Libération

Ma rage est ingouvernable

  • Ajouter
  • Imprimer
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Google+

Tribune de Robert McLiam Wilson, écrivain, à propos des attaques terroristes à Paris

Je ne veux pas écrire là-dessus. Je ne veux pas écrire sur le massacre qui a eu lieu aujourd’hui dans ma ville [Paris]. J’ai grandi à Belfast, les oreilles farcies des clichés de la condamnation et de la consternation molle contre l’horreur pure et simple. Du bruit des gens piétinant et se débattant dans leur quête de sens. Je sais bien ce que cela produit et à quoi cela se résume. Il n’y a pas de sens. Je n’ai pas le souvenir d’un temps où je ne l’ai pas su.

Je ne veux pas m’associer à la déclaration débordante de bonnes intentions, mais profondément erronée, selon laquelle c’est une attaque contre nous tous. C’est une attaque contre eux. Comment je le sais ? Parce qu’ils sont morts. A 11 heures, ils étaient vivants. A midi, ils étaient morts. Dire qu’il s’agit d’une attaque contre nous tous est une sottise inconsidérée. (...)

Ma rage est ingouvernable. Ma rage me domine complètement. Je peux à peine respirer, à cause de cette simple, de cette étouffante rage.

Je connais les gens qui ont fait ça. Je les ai rencontrés, eux et leurs pareils, à de nombreuses reprises, à Belfast. Ces gens sont les mêmes partout dans le monde. Pérou, Colombie, Belfast, Paris. Remarquable uniformité. Les deux traits dominants qu’ils partagent sont la bêtise et l’arrogance. Intellectuellement et moralement, c’est un voyage au pays du vide. Il n’y a rien. Nous sommes au cœur d’un univers de stupidité, d’une absence totale de quoi que ce soit qu’on puisse raisonnablement appeler une pensée. L’ignominie d’aujourd’hui n’a ni raison ni explication. Il n’y a pas de thèse. Pas de politique. Pas de religion. Pas même vraiment d’émotion adulte. C’est le caprice mortel d’un bambin mégalomane doté des pleines capacités de nuire d’un adulte. (...)

Lire l'article

Vidéos

  • Artisanat « Un métier n’est pas là pour vous emprisonner mais pour vous rendre libre »

    Voir la vidéo

Voir toutes les vidéos