Pollutions

Les effets des pesticides enfin reconnus officiellement

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Cancers, maladies neurologiques et troubles de la reproduction : les effets des pesticides sur la santé sont enfin reconnus officiellement. Dénoncés depuis de nombreuses années par plusieurs associations et scientifiques, les dégâts collatéraux de l’agriculture intensive viennent d’être confirmés par l’Institut national de la santé et de la recherche médical (Inserm).

Jusqu’à présent, la littérature scientifique ne permettait pas « d’évaluer la part exacte des pesticides dans le développement de ces cancers », rappelait la mission d’information sénatoriale sur les pesticides et leur impact sur la santé, fin octobre. En France, l’étude Agrican (agriculture et cancer), lancée en 2005, « ne permet pas encore non plus de faire de liens formels entre l’exposition aux produits phytosanitaires et la survenue d’un cancer ou d’une autre pathologie ». Bref, officiellement une forte présomption existait, les preuves manquaient encore.

Une expertise collective restait à mener. Voilà qui est fait. Chargés par le ministère de la Santé de dresser un bilan des études scientifiques réalisées ces trente dernière années sur le sujet, les experts de l’Inserm ont relevé un risque accru pour les professionnels du secteur agricole, ainsi que pour leurs enfants. D’autres secteurs d’activité sont concernés : entretien des voiries, jardins et parcs ; fabrication et traitement du bois ; lutte anti-moustiques, dératisation.

Les riverains de parcelles arrosées de produits chimiques sont eux aussi en danger. Pour les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et les populations rurales, les risques de développer une maladie directement liée aux pesticides s’accroît de 12 à 28% ! L’exposition en période de croissance, c’est à dire in utero ou au cours de l’enfance, est particulièrement néfaste : augmentation significative du risque de fausses-couches et prévalence accrue de malformations congénitales lors d’une exposition professionnelle maternelle. Autres dommages relevés : l’atteinte à la motricité fine et à l’acuité visuelle, les leucémies et les tumeurs cérébrales. Des effets tels que certains scientifiques, à l’instar du professeur Charles Sultan, en charge du service pédiatrique du CHU de Montpellier, réclame la sortie immédiate des pesticides.

Cela ne semble pas être pour demain. Plus de 1 000 substances actives ont été mises sur le marché ces 60 dernières années. En France, premier utilisateur européen de produits « phytosanitaires », plus de 300 substances sont actuellement commercialisées. 90 % des 60 000 tonnes de pesticides pulvérisées chaque année sont utilisées par le secteur agricole [1]. Et alors que le plan Écophyto, lancé en 2008, affichait une ambition de réduction de 50% des pesticides en 10 ans, les volumes consommés ont augmenté entre 2009 et 2011 !

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