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Transparence

Les députés mettront-ils fin à l’opacité des lobbys européens ?

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Un registre des lobbys présents à Bruxelles auprès des institutions européennes existe depuis 2011. Mais il présente de nombreuses lacunes. Ce registre dit « de la transparence » fonctionne en effet sur la base du volontariat : les lobbyistes ne sont pas contraints de s’y inscrire et les informations fournies (nombre de lobbyistes, budget) ne sont pas vérifiées. Résultat : « Plus de 100 grandes entreprises impliquées dans le lobbyisme européen sont absentes du registre », selon un rapport de l’organisation Alter-EU publié en juin. Une entreprise comme Amazon, par exemple, qui a contribué cette année à déposer plusieurs amendements pour alléger la nouvelle législation européenne sur la protection des données [1] est totalement absente du registre. D’autres entreprises inscrites fournissent des informations inexactes.

Pour remédier à ces manques, le registre est actuellement révisé par un groupe de parlementaires européens. L’Alliance pour la transparence du lobbying et la réglementation éthique au sein de l’UE (ALTER-EU) demande à cette occasion de rendre ce registre obligatoire pour tous les lobbyistes présents à Bruxelles, à l’image de ce qui se fait à Washington pour le Congrès américain. Une pétition a été lancée le 30 octobre pour appuyer cette position. Les recommandations du groupe de parlementaires sont attendues au cours du mois de novembre.

Mais le député européen chargé de mener les travaux, l’Allemand Rainer Wileand, semble freiner des quatre fers. Réputé « sceptique de la transparence » selon l’Observatoire européen des entreprises, l’homme a des raisons de ménager les lobbys de Bruxelles. Comme l’indique cette semaine l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, l’élu européen est aussi avocat, avec un cabinet à Stuttgart, dans le sud de l’Allemagne, et un autre dans la capitale européenne, depuis 2001. A Bruxelles, le député allemand et ses collègues avocats conseillent leur mandants « dans les domaines du droit civil, en particulier du droit des affaires et du travail (…) et du droit européen ». « Un cas classique de conflit d’intérêt », estime Olivier Hoedeman, de l’Observatoire européen des entreprises, cité par le Spiegel. De quoi douter de la mise en place rapide d’un registre européen des lobbys véritablement transparent.

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