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Les censeurs

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Le soir, il est rare que je rentre chez moi en tremblant. C’est pourtant arrivé jeudi soir. Je ne revenais pas d’un terrain de guerre. Je n’avais pas passé ma journée à parler à des rescapés de la tuerie de vendredi. Ce jeudi soir, je rentrais juste de l’Assemblée nationale.

J’avais assisté pendant près de cinq heures aux débats en commission des lois lois, assis au fond de la salle, entre deux collaborateurs parlementaires. Les députés y avaient discuté de la loi sur l’état d’urgence. Pas la peine de vous refaire tout le film, les déclarations martiales, l’état de « guerre » dans les têtes des élus, je l’ai raconté ici.

Rentré chez moi, je tremblais parce que j’ai vu nos élus, des gens que je connais bien, qu’il m’arrive pour certains de tutoyer à force de les croiser à l’Assemblée depuis toutes ces années, partir en « guerre » sans état d’âme. Je tremblais aussi parce que je les ai vus à deux doigts de réinstaurer le contrôle de la presse. Pendant cette séance, j’ai frissonné à plusieurs reprises. Une fois même, j’ai poussé un cri d’étonnement, vite étouffé – c’est interdit, et c’est normal. J’étais le seul journaliste présent et pour la première fois dans cette enceinte, j’ai ressenti physiquement, brutalement, ce qu’est la violence de l’Etat. J’ai vu des élus, et des élus de gauche, prêts à réactiver la censure. Je les ai vus vaciller, c’est assez terrifiant à voir de si près.

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