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La droitisation de la télé, “un phénomène qu’on peut mesurer”

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« Nous recevons un roi de la provoc’ », se réjouit Antoine de Caunes, lundi dernier. J’attaque la semaine avec sérénité, persuadé d’échapper à un nouveau raz-de-marée du Front national : pas de défilé du 1er-Mai ni de guerre de succession ni de déclaration tonitruante dans l’actualité… « Depuis une semaine, il est au cœur d’une nouvelle polémique sur le fichage des élèves musulmans. » Et revoilà Robert Ménard, à qui Le grand journal offre de revenir en deuxième semaine. On est sûr de faire recette en recevant « le toujours polémique maire de Béziers et un imam en colère ».

L’« imam en colère » est un nouvel archétype popularisé au moment des attentats de janvier, prouvant que les imams sont incapables de réflexion. La colère est mauvaise conseillère, surtout pour contrer les arguments de l’extrême droite, je fais plutôt confiance à Natacha Polony et Jean-Michel Aphatie pour pousser Robert Ménard dans ses derniers retranchements. Je ne suis pas déçu. Ils commencent par le harceler sur des sujets d’actualité. Le maire de Béziers est tour à tour contraint de donner son avis sur la ligne de l’UMP, la visite de Hollande à Cuba, la réforme du collège, la mémoire de l’esclavage, la guerre de succession au Front national : « Alors, le FN, avec ou sans Jean-Marie Le Pen ? » « C’est souhaitable, mais c’est douloureux pour Marine », convient l’invité, penaud.

Enfin, Jean-Michel Apathie introduit le sujet qui fâche, celui du fichage des élèves musulmans. « Vous avez mis un sacré bazar. On vous écoute lundi soir sur France 2. » Je l’écoute (pour la 57e fois). En retour plateau, Robert Ménard se défend (pour la 63e fois) d’avoir constitué un fichier. Jean-Michel Aphatie triomphe : « Puisque vous n’avez pas fait de fichier, vous êtes arrivé à 64,6 % au doigt mouillé ! » C’est scandaleux ! Compter les musulmans au doigt mouillé ! Robert Ménard se défend encore mais, après avoir rappelé l’intérêt des statistiques ethniques, l’éditorialiste de RTL réitère son attaque : « Comment vous êtes arrivé au chiffre de 64,6 ? »

Natacha Polony prend le relais. « On comprend que vous vouliez compter. » Surtout les musulmans. « Mais les prénoms ne disent pas la religion !, s’insurge la journaliste en citant des exemples : Karim, notre chef d’édition, il n’est ni musulman ni d’origine maghrébine, ses parents ont une histoire avec le Maghreb et l’ont appelé comme ça. Malika Ménard, ancienne miss France, a un prénom qui fait écho aux années passées au Maroc par ses grands-parents. » C’est vrai que ça pose problème. Si on ne peut pas se fier aux prénoms, comment compter les musulmans ? On peut toujours demander aux garçons de baisser leur pantalon… Mais pour les filles ? On mesure leur jupe ? [ Lire la suite ]

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