Environnement

Gaz de schiste : 250 organisations appellent l’Europe à un « sursaut de sagesse »

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L’Union Européenne va-t-elle rester sourde aux mobilisations citoyennes contre les gaz de schiste ? Sous la pression du Royaume-Uni et de la Pologne, la Commission européenne a abandonné son projet de directive contraignante sur les hydrocarbures de schiste pour préférer une série de recommandations et de bonnes pratiques qui seront présentées le 22 janvier. Quant à la directive sur les études d’impact environnemental, actuellement en cours de révision, elle ne s’appliquerait pas aux projets d’extraction de pétrole et de gaz de schiste.

Les réactions se sont multipliées dans les pays européens où des industries pétrolières et gazières prévoient d’exploiter des « hydrocarbures non conventionnels » (gaz ou pétrole de schiste, gaz de houille...). Blocage de Chevron en Pologne, barricades de Pungesti en Roumanie, résistances au Royaume-Uni, bataille juridique en France... Toutes ces mobilisations, ancrées sur les territoires, portent une série d’exigences comme la demande d’interdiction de la fracturation hydraulique, seule technique disponible pour exploiter ces hydrocarbures.

« Aveuglement des décideurs politiques »

Près de 250 organisations et groupes citoyens, sociaux et environnementaux viennent de publier une lettre ouverte interpellant l’ensemble des institutions européennes – Commission, Conseil et Parlement européens – et Etats membres. La situation juridique actuelle « ne garantit pas l’application de règles obligatoires visant à protéger l’environnement, la santé publique dans tous les États membres » écrivent-ils. Et de déplorer l’aveuglement des « décideurs politiques » alors que de nombreux rapports démontrent l’impact sanitaire et environnemental de cette extraction. Face à « la prédominance du discours du lobby industriel et financier », ils réclament une évaluation d’impact environnemental obligatoire pour tout usage de la fracturation hydraulique.

Plus largement, soucieux du maintien de la réglementation Reach encadrant l’utilisation de produits chimiques sur le sol européen et de la possibilité de limiter les agissements des industries pétrolières et gazières, ces groupes et organisations pointent les dangers des accords commerciaux et d’investissement actuellement négociés entre l’Union européenne et les Etats-Unis (voir notre enquête), et entre l’UE et le Canada. Ils craignent que les investisseurs, en cas de conflit [1], contestent la législation environnementale au prétexte qu’elle est un obstacle à leurs investissements. Ils appellent les membres du Conseil Européen et les plus hauts représentants de la Commission à un « sursaut de sagesse ».

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