Risques chimiques

Des pesticides jusque dans les poussières des maisons

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Si vous habitez à proximité de vignes, de vergers ou de champs de céréales, pensez à passer régulièrement l’aspirateur : il est en effet fort probable que la poussière qui traine chez vous soit chargée en pesticides, et notamment en perturbateurs endocriniens – ces substances qui inter-agissent avec notre système hormonal et sont à l’origine de maladies graves et de malformations. C’est l’association Générations futures qui vient de révéler cette pollution intérieure dans son sixième rapport « Expert » (pour exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens) [1].

Des échantillons de poussière ont été prélevés en juillet 2015 dans vingt-deux foyers différents situés dans des zones viticoles, arboricoles et de grandes cultures. Six mois plus tard, en janvier 2016, cinq échantillons supplémentaires ont été de nouveau prélevés dans plusieurs foyers déjà étudiés. Résultat : en moyenne, la présence de vingt pesticides différents a été détectée par habitation, sur les 61 pesticides recherchés. Parmi les produits retrouvés, certains sont interdits en France depuis plusieurs années. C’est le cas du diuron, un herbicide utilisé notamment en viticulture, retrouvé dans plus de 90% des habitations. Cette substance est pourtant interdite en France depuis plus de sept ans !

Sur les vingt pesticides identifiés en moyenne par logement, douze sont des perturbateurs endocriniens. Les riverains les plus exposés sont ceux qui vivent à proximité de parcelles viticoles et des vergers. Les habitations entourées de vergers sont contaminées par près de 24 pesticides différents ; celles qui sont à proximité de vignes en comptent en moyenne 26 ; et celles qui jouxtent des grandes cultures céréalières en ont près de 15. Seule consolation : la concentration totale de tous les pesticides quantifiés diminue entre l’été et l’hiver, sans disparaître pour autant. « Ce fait illustre l’urgence qu’il y a à modifier les pratiques agricoles et à faire en sorte qu’on interdise les pulvérisations des pesticides de synthèse à proximité de zones habitées », estime François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Mais en France, la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, adoptée le 29 avril 2014, reste inopérante. Au niveau européen, la règlementation traîne, du fait de la pression des lobbies.

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