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Défonceur des droits

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par Pierre Tevanian

Au moment même où Israël massacre à nouveau les Palestiniens, et où notre président socialiste exprime aux massacreurs « la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza » (ajoutant qu’« il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces »), à l’heure où le même président socialiste demeure intraitable face aux cheminots, aux postiers, aux intermittents du spectacle et bien entendu face aux « mamans voilées » [1], à l’heure où est officialisé l’enterrement du droit de vote aux étrangers, puis celui des ABCD de l’égalité, bref : à l’heure où l’extrême droite s’impose comme la seule « opinion publique » à laquelle notre « gauche de gouvernement » se « met à l’écoute », il nous parait intéressant de nous arrêter quelques instants sur un symbole...

Parmi d’autres symboles possibles, arrêtons-nous sur une récente nomination, confirmée par le vote d’une Assemblée parait-il de gauche : la nomination donc de Jacques Toubon, au poste de Défenseur des droits.

Rappelons d’abord que cette nomination vient juste après une autre – celle d’une conseillère spéciale à la présidence de la république, tout aussi symbolique, voire emblématique, puisqu’il s’agit de Laurence Boone, ex-éditorialiste au journal ultralibéral L’Opinion, ex-banquière chez Barclay’s et Bank of America’s Meryll Lynch...

Rappelons ensuite en quoi consiste, théoriquement, ce poste de Défenseur des droits : il s’agit, comme le nom l’indique, de défendre les droits des citoyens face aux administrations, pendant un mandat de six ans – et en particulier de veiller au respect des droits de l’enfant, et de lutter contre toutes les discriminations.

Etonnons-nous ensuite que ce poste, compte tenu de sa nature, n’ait pas été attribué à une « personnalité emblématique », comme on dit, extérieure au tout petit monde des politiciens professionnels, issue par exemple du combat associatif ou syndical, et ayant consacré toute son existence à la défense des libertés publiques, des droits sociaux, et d’une ou plusieurs minorités discriminées.

Etonnons-nous un peu plus encore en songeant au fait que le nom de Jacques Toubon n’a jamais, au cours d’une carrière politique pourtant interminable, été associé de près ou de loin à la défense d’aucun droit.

Rappelons enfin quelques-uns – choisissons-en dix – des moments plus que problématiques, du point de vue précisément de la question des droits et de leur défense, qui ont jalonné cette interminable carrière politique. Certains d’entre eux ont été souvent rappelés au cours des dernières semaines – par le biais notamment d’une pétition contre cette nomination. D’autres ont été trop peu mentionnés...

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