Un média indépendant en accès libre, sans publicité, animé par sept journalistes, a besoin du soutien de ses lectrices et lecteurs. Faites un don à Basta ! En passant par J’aime l’info, un don de 50 euros ne vous coûte que 17 euros.

Avancement de la campagne : 27492 € sur 100000 € !

27.49%

Libre-échange

Ceta : l’accord qui pourrait accélérer l’industrialisation de l’agriculture

par

  • Ajouter
  • Imprimer
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Google+

Des permis de démolir placardés devant le ministère français de l’Agriculture. Le projet de traité de libre échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta) doit être soumis à l’approbation du Conseil des ministres du Commerce de l’UE le 18 octobre. Une semaine avant le vote, mouvements altermondialistes et écologistes ont organisé une action symbolique le 7 octobre à Paris pour dénoncer « les effets dévastateurs du Ceta sur l’agriculture »

Des ouvriers entament la démolition du ministère de l’Agriculture en vue de son transfert au ministère de l’Industrie (photo ci-dessus).

« Coup de massue supplémentaire » pour les éleveurs

« Cet accord, dont la Commission européenne et le gouvernement français souhaitent une application « provisoire » dès cet hiver, entraînerait une accélération sans précédent de l’industrialisation de l’agriculture européenne », soulignent les organisations. Un nouveau rapport [1], réalisé avec la participation de la Fondation Nicolas Hulot, pointe en particulier le démantèlement des droits de douane dans les secteurs bovin et porcin, et l’augmentation des importations autorisées.

L’importation de viande bovine canadienne exonérée de droits de douane pourrait quadrupler en quelques années, de 15 000 à 65 000 tonnes. Le Ceta prévoit aussi d’augmenter considérablement les importations de porc canadien. « Les élevages bovins et porcins, déjà extrêmement fragilisés, seront mis en concurrence avec des dizaines de milliers de tonnes de viande issue de fermes-usines qui entreront sur le marché sans droits de douane », dénoncent les détracteurs de cet accord de libre-échange.

Normes revues à la baisse

Associations et syndicats redoutent également le développement massif des cultures et importations d’OGM, dont le Canada est le troisième producteur mondial. Leurs craintes sont étayées par le communiqué de l’interprofession de soja canadien daté du 29 avril. Les producteurs d’OGM demandent à la Commission européenne d’honorer son engagement – pris au cours des négociations – d’autoriser rapidement la mise sur le marché de soja transgénique [2]. En dépit de l’opposition des députés européens, la Commission européenne a donc délivré les autorisations de mise sur le marché de trois variétés de soja OGM tolérantes au glyphosate, pesticide très cancérogène dont l’interdiction est pourtant réclamée... [3].

« Accepter les accords de libre-échange, c’est renoncer à changer enfin de cap pour l’agriculture paysanne et une alimentation de qualité pour tous », protestent les altermondialistes. Le 15 octobre, des mobilisations sont prévues dans toute la France contre le Ceta (voir ici). Le Tafta, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis est aussi dans la ligne de mire des manifestants car, contrairement aux annonces du gouvernement, les négociations se poursuivent.

- A lire aussi sur le sujet : Comment l’accord de libre-échange Tafta pourrait laminer l’agriculture européenne

En bref

Vidéos

  • Artisanat « Un métier n’est pas là pour vous emprisonner mais pour vous rendre libre »

    Voir la vidéo

Voir toutes les vidéos