Méditerranée

Les pêcheurs de Côte d’Azur demandent l’interdiction des rejets de boues rouges

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« Nos océans ne sont pas un réceptacle pour nos déchets industriels ». Les artisans pêcheurs de Méditerranée poussent un coup de gueule contre les « boues rouges ». Ces résidus toxiques sont toujours déversés au large des calanques de Cassis. En cause, la production d’alumine – qui compose l’aluminium – sur le site de l’usine Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône), à une quarantaine de kilomètres au nord de Cassis. Cette usine – ancienne propriété du groupe français Pechiney, puis de l’anglo-saxon Rio Tinto-Alcan – extrait quotidiennement de l’alumine à partir de minerai de bauxite traité à la soude.

Problème : une grande partie des résidus de bauxite sont dilués puis déversés en mer, via un conduit de 47 km de long qui débouche à 7 km des côtes, par 320 mètres de profondeur, au cœur du Parc national des Calanques. « Il n’est plus temps de déverser nos décharges dans des profondeurs qui semblent obscures aux profanes, mais de préserver la qualité du plancton et de la chaîne alimentaire marine », poursuivent les pêcheurs dans un courrier adressé au président de la Commission d’enquête [1].

Car une enquête publique a été ouverte à l’occasion du renouvellement de l’autorisation de rejets des déchets. L’enquête se déroule jusqu’au 25 septembre et concerne les 27 communes traversées par la conduite d’évacuation des boues rouges. Chaque commune doit mettre à la disposition des habitants le dossier de demande d’autorisation complet de l’usine Alteo. Une réunion publique aura lieu le 11 septembre à Gardanne [2]. L’enquête publique fait suite à la décision du conseil d’administration du Parc national des Calanques, en septembre 2014, de prolonger de 30 ans la dérogation accordée à l’industriel pour rejeter en mer des résidus liquides.

Contraint par les engagements internationaux de la France, Alteo s’est engagé à stopper, au 31 décembre, tout rejet solide dans la Méditerranée. L’industriel a cependant demandé à poursuivre les rejets liquides. Des rejets inévitables selon lui et à l’impact « très limité ». « On estime qu’à 50 m de notre canalisation, on ne trouve plus aucune trace », confiait il y a un an le directeur des opérations d’Alteo [3] (lire notre précédent article).

Dans leur courrier du 5 septembre, les communautés de pêcheurs accusent ces boues rouges de contribuer à la disparition progressive de la faune marine, et redoutent que « les métaux lourds accumulés ne rentrent dans la chaîne alimentaire, dénaturant la qualité des poissons et perturbant, pendant plusieurs décennies, les cycles de croissance et de reproduction des espèces marines ». « Ces rejets industriels ne sont pas un épiphénomène local mais concerne donc l’ensemble du bassin méditerranéen », plaident-ils, demandant expressément l’interdiction des rejets de boues rouges. Une pétition a été lancée par la ville de la Ciotat. La décision finale reviendra, au terme d’une longue procédure et après plusieurs avis administratifs, au préfet des Bouches-du-Rhône.

Vidéo réalisée par les initiateurs de la pétition demandant l’interdiction des rejets :

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