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Santé

Un nouvel étiquetage des aliments pour détecter la malbouffe ?

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En France, 30% de la population est en surpoids, dont 16% obèse. Des millions de personnes souffrent d’hypertension. Comment remédier à ce problème majeur de santé publique, qui coûte par ailleurs des millions d’euros à la sécurité sociale ? « Il faut donner une information nutritionnelle claire et fiable, qui doit permettre aux consommateurs de rééquilibrer leur alimentation », estime Foowatch, organisation de défense des consommateurs. Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la santé de Marisol Touraine, qui a débuté le 31 mars à l’Assemblée nationale, l’application d’un code couleur classant les produits alimentaires en fonction de leur qualité nutritionnelle va être discutée. Cette forme d’étiquetage est déjà pratiquée en Grande-Bretagne via un feu tricolore : vert pour un produit sain, orange lorsqu’il faut le consommer avec modération et rouge pour les produits à éviter.

De ce côté-ci de la Manche, le code à l’étude est un brin plus compliqué. Il permettrait de classer les produits sur une échelle de un à cinq allant d’une pastille verte « A », pour un produit équilibré, au « E » rouge, produit trop salé, trop sucré ou trop gras. Si le projet de loi est adopté, l’industrie agroalimentaire serait obligée d’apposer ces pastilles sur tous les produits préparés. Mais l’idée ne semble pas la réjouir... « L’équilibre alimentaire d’un individu ne peut pas se réduire à une pastille de couleur sur un produit. Ces systèmes de notation nutritionnelle ignorent les déterminants fondamentaux d’une alimentation équilibrée que sont la prise en compte de la taille de la portion consommée, le moment de consommation, la fréquence et surtout les associations d’aliments au cours d’un repas », plaide l’Association nationale des industries alimentaire (Ania), qui regroupe plus de 11 000 entreprises du secteur. Pour les industriels, mieux vaudrait éduquer les consommateurs que les informer...

La fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a repris cette idée d’« éducation » en validant à la mi-mars – hasard du calendrier ? – un nouvel étiquetage qui suggère des fréquences de consommation. Mais les critères de définition de ces fréquences ne sont pas très clairs. « Les "fréquences de consommation" apposées d’ici la fin de l’année par la FCD seront attribuées par un mystérieux "comité scientifique pluridisciplinaire" », s’étonne Foodwatch. Ce point a aussi attiré l’attention de la société française de santé publique (SFSP) et de la société française de pédiatrie (SFP), qui ont demandé aux grandes enseignes de la distribution de « renoncer à développer leur propre système non validé scientifiquement ». Les grandes enseignes sont invitées à contribuer à la mise en place du système à 5 couleurs, actuellement étudié au ministère.

Ce système, rappellent les deux sociétés scientifiques, « s’appuie sur un score validé en France par les instances indépendantes et compétentes et sur des travaux scientifiques menés en France et portant notamment sur sa compréhension, son acceptabilité, sa faisabilité à discriminer la qualité nutritionnelle des aliments, sa capacité à orienter le consommateur vers un choix santé.... » Malgré ces appels à la raison, l’Ania reste opposée « à tout dispositif d’étiquetage nutritionnel simpliste reposant uniquement sur un code de couleurs ». Rendez-vous dans quelques mois pour savoir qui a le plus d’influence sur les choix de notre gouvernement.

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