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Evasion fiscale

BNP Paribas rencontre les faucheurs de chaises mais refuse de quitter les paradis fiscaux

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Dès le lendemain des attentats du 13 novembre, par un e-mail signé de la déléguée à la responsabilité sociale et environnementale, le groupe BNP Paribas demandait aux faucheurs de chaises, qui « réquisitionnent » du mobilier dans les agences bancaires pour dénoncer l’évasion fiscale, « de cesser [leurs] actions de vols de chaise, toute intrusion dans [leurs] agences pouvant avoir des conséquences très graves » étant donné « l’état d’urgence désormais en vigueur ». « Nous sommes prêts à appeler à la suspension des réquisitions de chaises dans les agences de la BNP si vous annoncez la fermeture de vos sept filiales dans les îles Caimans », ont répondu Thomas Coutrot (porte-parole d’Attac), Florent Compain (président des Amis de la Terre) et Txetx Etcheverry (membre de la coordination d’action non-violente COP21), des associations qui participent à ces actions.

Banquiers et membres de la société civile se sont donc retrouvés ce lundi 23 novembre, au siège de BNP. « Les dirigeants ont affirmé qu’il n’y a pas de problèmes aux îles Caïmans, que le pays n’a rien à se reprocher », rapporte Thomas Coutrot. « Ils ont ajouté que les îles Caïmans ne figuraient pas sur la liste grise de l’OCDE, que nous étions mal informés. » Peu importe que la Commission européenne ait classé les îles Caïmans comme tel, ou que Total ait décidé de s’en retirer. « Les Îles Caïman seraient un paradis réglementaire et non un paradis fiscal, rapporte encore Thomas Coutrot. Les règles bancaires seraient plus souples, permettant notamment de pouvoir rémunérer un compte à vue dès son ouverture, alors que le délai est de dix jours ailleurs. La BNP serait donc aux îles Caïmans par commodité et pas du tout parce que c’est un paradis fiscal ! » La première banque française risque bien de revoir des faucheurs de chaises dans ses agences, bien décidés « à obliger BNP Paribas à cesser ses pratiques scandaleuses ».

L’argent des mafias criminelles et terroristes hébergé dans les paradis fiscaux

Depuis début octobre, 35 actions de réquisitions citoyennes de chaises ont eu lieu, un peu partout en France, dans diverses banques impliquées dans l’évasion fiscale. Mais le Groupe BNP Paribas a été particulièrement visé, avec 27 fauchages, « parce qu’il est en pointe dans l’organisation de l’évasion fiscale, via ses 171 filiales dans les paradis fiscaux », rappellent les faucheurs [1].

Suite aux terribles attentats du 13 novembre, les faucheurs de chaises ont suspendu leurs actions pour quelques jours, pour respecter la période de deuil. « Mais l ’évasion fiscale, elle, continue à réduire les fonds disponibles pour la transition écologique et sociale, à commencer par le Fonds vert pour le climat. Et les paradis fiscaux continuent à héberger l’argent des mafias criminelles et terroristes », remarquent Thomas Coutrot, Florent Compain et Txetx Etcheverry. Une grande action baptisée « Prenons le siège de la BNP », est prévue le 3 décembre prochain.

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