Responsabilité des entreprises

Au Brésil, Volkswagen est accusé de s’être rendu complice de tortures pour le compte de la dictature

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En plein scandale de truquage des émissions polluantes de ses véhicules, Volkswagen est aussi rattrapé par l’histoire. Le 22 septembre, à São Paulo, un collectif d’organisations syndicales, de victimes et de défenseurs de droits humains a déposé une plainte contre le constructeur automobile allemand pour son implication dans la répression lors de la dictature militaire, qui a duré de 1964 à 1985.

Selon la plainte, plusieurs travailleurs de Volkswagen auraient été emprisonnés et battus sur leur lieu de travail pendant les années où la répression était la plus brutale au Brésil, et ce sous la surveillance et avec la participation du personnel de sécurité de Volkswagen. La plainte reproche aussi au constructeur d’avoir licencié les travailleurs considérés comme des opposants, d’avoir dressé des “listes noires” et transmis des rapports sur ses travailleurs aux organes de répression de la dictature. La plainte s’appuie sur des archives et des témoignages de victimes réunis par la Commission de vérité, installée en 2012 pour faire la lumière sur les exactions commises pendant les années de dictature.

Lula espionné par Volkswagen

« En 1972 j’ai été emprisonné au sein du site de Volkswagen », a ainsi témoigné Lúcio Antonio Bellentani le 19 juillet 2012 devant la commission de la vérité de São Paulo [1]. L’ancien employé de l’usine Volkswagen de São Bernardo do Campo était membre du parti communiste brésilien. « J’étais au travail et deux individus avec des pistolets automatiques sont venus, me les ont collés dans le dos et m’ont posé des menottes. Il était environ 23 heures. Dès que je me suis retrouvé dans le local de sécurité de Volkswagen, la torture a commencé. J’ai reçu tout de suite des coups. Ils voulaient savoir s’il y avait d’autres membres du parti chez Volkswagen ». L’homme avait ensuite était transféré à la prison gérée par Département de l’ordre politique et social (Dops), la sécurité intérieure brésilienne. Où il a subi des mois de tortures et de détention.

Il y a un an, la Commission nationale de vérité révélait que l’ancien président Lula lui-même avait été visé par la surveillance de Volkswagen pour ses activités syndicales. Les comptes-rendus de l’entreprise étaient ensuite transmis à la junte. La plainte collective brésilienne est soutenue en Allemagne par l’ONG “Groupement des actionnaires critiques” qui demande au constructeur de faire face à sa responsabilité historique, de s’excuser et d’indemniser les victimes.

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